Morgan Stanley prédit la mort de l’industrie automobile telle que nous la connaissons aujourd’hui

Adam Jonas, responsable de la recherche mondiale pour le secteur automobile de Morgan Stanley, s’est montré très pessimiste concernant les perspectives du secteur dans une note qu’il a publiée, intitulée : « Death of an Auto Analyst » (‘Mort d’un analyste auto’) :

Notre équipe en est arrivée à la conclusion qu’une poursuite de notre art en respectant les lignes traditionnelles aboutira à un déclin faute de marché, qui culminera finalement à un extinction ».

Il cite deux facteurs à l’œuvre dans ce déclin de l’automobile traditionnelle : les voitures automotrices, ainsi que la fin de la voiture personnelle, et il affirme qu’ils s’imposent bien plus rapidement qu’on ne l’avait présagé.

La voiture automotrice de Google est certainement la voiture sans conducteur la plus célèbre, mais Google n’est pas la seule société à travailler sur la voiture de l’avenir. L’année dernière, Tesla, le constructeur de voitures électriques détenu par Elon Musk (l’homme derrière comme PayPal, SpaceX), a annoncé qu’il lancerait un modèle de voiture autonome sur 90% des distances dans les trois prochaines années.

Le rapport de Jonas note également que la voiture moyenne est inutilisée pendant 23 heures et  minutes chaque jour, autrement dit, qu’elle est à l’origine d’un gaspillage de ressources colossal. Il prophétise qu’à l’avenir, les sociétés de partage de véhicules telles qu’Uber, de même que les flottes de voitures que des constructeurs automobiles les plus flexibles vont monter pour prendre des parts sur ce marché de l’économie du partage, vont contribuer à dépasser largement cette durée d’utilisation quotidienne de 52 minutes de la voiture moyenne. Et cet avenir est imminent, précise-t-il.

Le secteur de l’automobile est donc à l’aube d’une révolution, et le message est clair : s’adapter ou mourir. « Dans l’internet des choses, la voiture est la « chose » ultime. Si nous ne nous adaptons pas au changement, nous n’aurons aucun avenir en tant qu’analystes du secteur auto », écrit-il, transposant volontairement les menaces qui pèse sur le secteur automobile à celui de ses analystes, pour introduire une note d’humour à son propos, et le rendre de ce fait plus audible.

Sans préciser quand la disparition totale du volant du tableau de bord des voitures pourrait avoir lieu, Jonas explique qu’il est aussi inexorable que le remplacement de la diligence par la voiture. Il pense aussi qu’à l’avenir, nous louerons plutôt nos voitures que nous ne les posséderons, et que de plus en plus de sociétés du secteur de la High tech vont venir concurrencer les constructeurs automobiles traditionnels. « Nous ne pouvons pas débattre de la sinuosité de ce parcours, mais pour nous, la destination est claire comme le cristal », conclut-il.

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