Le meurtre de Jo Cox : Qui sème la rage, récolte des gens enragés

La campagne politique pour le référendum du “Brexit” qui se tiendra en Grande-Bretagne le 23 juin prochain a été suspendue après l’assassinat de la députée Jo Cox. Elle a été abattue par Tommy Mair, un homme de 52 ans, dans la rue, peu après avoir quitté la bibliothèque où elle tenait des permanences hebdomadaires. Elle est morte un peu plus tard de ses blessures.

Plusieurs médias ont rapporté que des témoins visuels auraient affirmé que l’homme a crié “Britain First” (“la Grande-Bretagne d’abord”) à plusieurs reprises au moment de perpétrer ce crime. Britain First est le nom d’un parti nationaliste d’extrême droite britannique qui fait campagne pour le départ du Royaume-Uni de l’UE. Mme Cox elle-même militait pour le maintien du  pays au sein du bloc. Mais une polémique est née du fait que d’autres témoins auraient réfuté cette allégation.

Malgré le fait qu’il n’y ait pas de confirmation que ce crime soit motivé par ces raisons politique, et même si cela ne devait jamais être confirmé, la campagne a déjà dépassé les limites de la convenance, écrit Alex Massie dans The Spectator :

“Non, Nigel Farage n’est pas responsable du meurtre de Jo Cox. Et la campagne “Leave”ne l’est pas non plus. Mais ils sont responsables de la manière dont ils ont mis en avant leurs arguments. Bien sûr, ils ne savaient pas qu’une telle chose arriverait et seront tout aussi choqués et horrifiés que n’importe qui d’autre.

breaking point

Mais tout de même, réfléchissez-y. Quand vous encouragez la rage, vous ne pouvez feindre la surprise quand les gens deviennent enragés. Vous ne pouvez pas faire volte-face, et dire : “Eh, mec, on ne te demandait pas de prendre les choses autant au sérieux. Ce n’est qu’un jeu, un stratagème, une stratégie pour gagner des suffrages”.

Lorsque vous criez BREAKING POINT (“point de rupture”) encore et encore, ne soyez pas surpris si quelqu’un atteint son point de rupture. Lorsque vous présentez la politique comme une question de vie et de mort, comme une question de survie nationale, ne soyez pas surpris si quelqu’un vous prend au mot. Vous n’êtes pas responsable de ce qu’ils ont fait, mais vous avez peu fait pour l’empêcher.”

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