Economie

McKinsey: « Une banque sur trois menace de disparaître lors de la prochaine crise »

354 banques sur 1 000 dans le monde risquent de disparaître lors de la prochaine crise économique. C’est ce qui ressort d’une étude récente du cabinet de conseil McKinseypubliée dans le journal économique français Les Echos.

Les banques d’Europe occidentale et d’Asie, en particulier, sont en difficulté. Elles réalisent une marge moyenne de 1,6 % (ROTE ou retour sur capitaux propres corporels). Les banques ont de plus en plus de mal à créer de la valeur. Nul n’est besoin d’en chercher loin les raisons : la croissance de l’économie mondiale ralentit. Une crise pourrait être fatale pour de nombreuses banques. Seules les banques américaines semblent résister à ce marasme ; elles sont assises sur des montagnes de liquidités.

Dans la zone euro, c’est principalement la politique de taux d’intérêt de la BCE qui met les banques en difficulté. Selon Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, il existe désormais une différence de rentabilité de près de 10 % entre les banques françaises et russes. Les agences du même groupe bancaire ont une rentabilité moyenne de 6 % en Russie et de -3 % pour nos voisins du sud. Tout cela parce que la France doit payer lorsqu’elle place ses liquidités au jour le jour à la BCE. Un certain nombre de banques commencent maintenant à répercuter ces taux d’intérêt négatifs sur leurs riches fortunés.

Les deux plus grandes banques allemandes sont nommément citées dans l’étude. La Deutsche Bank et la Commerzbank traversent une période difficile. Les projets de fusion, qui avaient été temporairement glorifiés, suscitent maintenant la méfiance des investisseurs et ont été entre-temps abandonnés. Dans le sud de l’Europe, les banques italiennes tentent de se débarrasser de leurs prêts douteux.

Le nombre de restructurations ne peut qu’augmenter

Le nombre de restructurations augmente donc inévitablement. 14 000 lieux de travail disparaissent chez HSBC ; 18 000 chez Deutsche Bank. Fin septembre, les banques européennes avaient déjà supprimé pas moins de 44 000 emplois. Les grandes banques opérant dans notre pays n’échappent pas à la réalité : KBC a annoncé début septembre une restructuration majeure, avec la suppression de plus de 1 400 emplois entre 2019 et 2022. Les contrats de 400 agents contractuels externes sont également résiliés. Les précédentes opérations d’assainissement chez les concurrents ING et BNP Paribas ont déjà mis fin à 3 000 emplois.

Les calculs des Echos montrent qu’entre 2008 et 2018, l’Union européenne a supprimé plus de 600 000 emplois dans le secteur bancaire.

Les experts du secteur soulignent que l’agence bancaire traditionnelle d’antan n’existe plus. Les consommateurs ont depuis longtemps changé leur comportement et la technologie évolue constamment. D’autres restructurations sont donc inévitables. Les soi-disant néobanques telles que N26 et Revolut nuisent également aux groupes bancaires traditionnels. Elles sont assises sur des montagnes de capital-risque et ne prennent pas la rentabilité trop au sérieux. Attirer les clients à tout prix, tel est le message.

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