‘Malheureusement, la seule réponse des politiques, c’est de proposer de nouvelles lois’

En France comme en Belgique, les politiciens travaillent sur une série de nouvelles lois pour lutter contre le terrorisme. Dans les deux pays, ils ont même annoncé une révision de la Constitution. Ce qui devrait permettre à la Belgique de détenir les suspects plus longtemps, et à la France de proroger l’état d’urgence.  

Le blogueur français et ancien assistant parlementaire Samuel Authueil commente cette rage à légiférer des politiciens français, dont il juge qu’ils donnent “un spectacle lamentable”. “Chacun y va de sa proposition imbécile, dans une sorte de concours Lépine absolument sidérant”, écrit-il.

Les politiques feraient mieux d’écouter les professionnels sur le terrain, estime Authueil. Il cite ainsi le cas du juge Trévidic, dont il affirme que son avis est tout à fait judicieux: “se donner les moyens humains et matériels adéquats, et surtout, laisser ces gens faire leur boulot sans leur mettre des bâtons dans les roues.”

Mais la réponse des politiciens, c’est d’imaginer de nouvelles lois à faire passer pour résoudre les problèmes, et de parachever un édifice juridique qui étrangle toujours davantage les libertés individuelles, de façon totalement inefficace.

“Et cerise sur le gâteau, une réforme de la Constitution. Là, j’ai juste envie de hurler. (…) La prochaine fois, on ira réformer quoi ? La déclaration des droits de l’homme de 1789 ? Il faut arrêter cette surenchère, toutes les personnes sensées savent que les textes de lois contiennent déjà tout l’arsenal nécessaire pour faire face à la situation. Il y en a même trop. Ce qui manque, c’est la volonté politique de les appliquer”.

Il affirme ainsi qu’une loi de 1905, qui prohibe les discours de propagande dans les lieux de culte, pourrait être exploitée pour empêcher les imams salafistes de déverser leurs prêches haineux dans les mosquées françaises.

Et de dénoncer la récupération des évènements par certains politiciens (et notamment l’ex-président français Nicolas Sarkozy), plus soucieux de se positionner dans la perspective des élections présidentielles, que d’apporter une réelle plus-value dans le débat de la lutte contre le terrorisme.

“Depuis vendredi, je me dis que finalement, le pays s’en sortirait mieux s’il se débarrassait d’une partie de son personnel politique. (…) Plus que le terrorisme, qui m’inquiète beaucoup, le vide politique au sommet me terrifie. Nous n’aurons pas de véritable solution à nos problèmes sans un renouvellement profond de nos élites politiques. Soit elles s’adaptent et modifient radicalement leur manière de travailler, soit il faudra les virer. Parce que là, ce n’est plus possible.”, se désespère Authueil.

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