L’UE et la Turquie: les droits de l’homme ne comptent plus

Alors que des milliers de Syriens sont bloqués à la frontière turco-syrienne, la chancelière allemande Angela Merkel a rencontré les dirigeants turcs pour la 3ème fois en 4 mois pour discuter de la crise des réfugiés. Mais ce ne sont pas les Turcs qui peuvent régler les problèmes de l’Europe, estiment les observateurs. Le journal turc Radikal s’agace de cette posture:“L’UE n’a ni stratégie ni politique pour résoudre le problème des réfugiés. La seule chose qu’elle veut, c’est que les réfugiés restent en Turquie et qu’on les empêche d’atteindre l’UE. Elle elle espère atteindre cet objectif avec la promesse d’une aide financière de 3 milliards d’euros – qui, pour le moment, n’est demeurée qu’au stade de la promesse. (…)La crise des réfugiés est si importante pour l’UE et l’Allemagne que leurs dirigeants -Et bien sûr, Merkel également – ont même cessé de mentionner les sujets qui leur étaient si chers auparavant, comme la liberté de la presse et l’indépendance de la justice [en Turquie]. Tout cela par peur de mettre en colère le Premier ministre [turc] Ahmet DavutoÄŸlu et le président Tayyip Erdogan”.La chaîne publique allemande Deutschlandfunk partage cette opinion: l’Europe des Droits de l’Homme n’a plus envie de dénoncer les abus commis en Turquie:“La récente visite de Merkel à Ankara en est le meilleur exemple. Pas un mot sur ​​la violation des droits de l’homme. L’UE s’est mise toute seule dans cette situation. Un continent qui ne parvient pas à se mettre d’accord sur une répartition juste de personnes fuyant les bombardements ne peut guère se permettre de donner des leçons à un pays qui héberge trois millions de réfugiés. Et l’UE n’est pas non plus en position de dicter ses règles à Ankara sur la question des réfugiés d’Alep. Il serait extrêmement hypocrite que l’Europe préconise à la Turquie d’ouvrir ses frontières, tout en fermer les siennes simultanément. L’exemple de la Turquie montre que le lauréat du prix Nobel de la Paix a perdu toute autorité morale”.

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