L’ouverture de nouveaux oléoducs restreint le pouvoir de l’Iran sur le transport du pétrole mondial

L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis viennent de mettre en service de nouveaux oléoducs qui permettront d’éviter le Détroit d’Ormuz que les Iraniens ont plusieurs fois menacé de bloquer récemment. Le Détroit d’Ormuz est un passage obligé pour 17 millions de barils de pétrole par jour, soit un tiers du pétrole consommé dans le monde. A son point le plus étroit, sa largeur n’est que de 54 km.

Dimanche, les Emirats Arabes Unis ont ouvert le pipeline de 370 kilomètres qui relie Abu Dhani au port de Fujairah, et qui pourra transporter 65% du pétrole exporté par le pays. De son côté, l’Arabie Saoudite a converti un ancien gazoduc de 1.200 km, qui avait été construit pendant la guerre Iran/Irak, et qui relie Abqaiq à Yanbu, un port de la Mer Rouge, en oléoduc. Ce pipeline ne pourra transporter que 25% des exportations de pétroles de l’Arabie Saoudite, mais 3 autres oléoducs permettent au pays d’éviter le détroit d’Ormuz. Ces deux pipelines permettront de plus que doubler la quantité de pétrole qui ne passe pas par le Détroit d’Ormuz, soit 6,5 millions de barils par jour, c’est-à-dire 40% de la quantité qui transite normalement par le Détroit.

Cette mise en service intervient alors que les tensions diplomatiques entre l’Ouest et l’Iran sont à leur comble, alimentées par le programme nucléaire de l’Iran. La production de pétrole de l’Iran a été ramenée à son niveau d’il y a 20 ans compte tenu des sanctions financières de l’Europe et des Etats Unis. Du fait de ces sanctions, le pays connait une inflation galopante de 25%, le rial a perdu 50% de sa valeur et le prix des denrées alimentaires explose.

Abu Dhabi et Riyad ont déclaré que ces initiatives n’ont pas été prises suite aux menaces de l’Iran de bloquer le Détroit d’Ormuz, mais pour les experts, il est clair que l’ouverture de ces pipelines change la donne diplomatique. Au cours du week-end, Ali Fadavi, le commandant de la marine de la Garde Révolutionnaire iranienne, a déclaré que l’Iran avait les moyens « d’empêcher que pas une goutte de pétrole » ne passe par le détroit.

Ce lundi, on a appris que les cours du pétrole étaient en baisse sur les bourses asiatiques au lendemain de l’ouverture de ces oléoducs. Le baril de light sweet crude » (WTI) à livrer en août a baissé de 34 cents pour se fixer à 86,76 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord de même échéance perdait 5 cents à 102,35 dollars.

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