Economie

L’obsession mondiale des cerisiers japonais

Au printemps, à partir de la fin mars, le Japon célèbre l’hanami, la saison de floraison des sakuras, les cerisiers ornementaux omniprésents dans tout le pays. En quelques semaines, les cerisiers ont fleuri partout au Japon. Les teintes roses et blanches dominent alors l’ensemble du paysage. Cependant, cet événement n’est plus simplement une fête. Ce phénomène est en train de devenir une obsession nationale dont l’attrait dépasse les frontières du pays. Et le Japon espère bien tirer des avantages économiques et touristiques considérables de cet intérêt.

La célébration des fleurs de cerisier est une tradition qui dure depuis des milliers d’années au Japon. Selon un rapport de l’Université du Kansai, environ 63 millions de personnes devraient se rendre au Japon pour y observer la floraison des cerisiers.

Ambitions touristiques

Pendant cette fête, les visiteurs devraient dépenser environ 301 milliards de yens, soit 2,7 milliards de dollars. Selon une estimation du professeur émérite de l’Université du Kansai, Katsuhiro Miyamoto, l’impact économique total des fleurs de cerisiers est d’environ 5,8 milliards de dollars.

La période de floraison du sakura contribue aux ambitions touristiques du gouvernement japonais, explique l’agence de presse Bloomberg. Le gouvernement espère attirer 40 millions de touristes étrangers d’ici 2020, année où le pays organisera les Jeux Olympiques. En 2018, 31,2 touristes étrangers ont visité le Japon.

Pour atteindre cet objectif, le pays a assoupli sa politique en matière de visas. Le gouvernement a également augmenté ses investissements en infrastructures. En outre, les restrictions imposées aux compagnies aériennes à bas coûts et aux bateaux de croisière ont été réduites. L’activité des compagnies à bas coûts a donc fortement augmenté au Japon.

Le nombre de vols internationaux sur des transporteurs à bas coûts est passé hebdomadairement de moins de 20 en 2007 à près de 3.000 en 2018. La faiblesse du yen est un atout supplémentaire pour attirer davantage de touristes étrangers. Le gouvernement japonais estime que le tourisme est susceptible de stimuler la croissance économique.

Aomori

Au Japon, de nombreuses entreprises profitent des opportunités offertes par le festival des fleurs de cerisier. Pour la population locale, l’hanami est un prétexte pour faire la fête. C’est souvent l’occasion pour faire un pique-nique dans des lieux convoités pour admirer ce phénomène.

Par conséquent, de nombreuses entreprises telles que Starbucks, Coca-Cola ou UberEats ont développé une gamme spéciale de produits alimentaires et de boissons pour cet événement. D’autres sociétés se spécialisent dans la décoration des emplacements pour observer l’hanami. Certaines entreprises délaissent les activités en plein air et se concentrent sur les installations pour célébrer la fête d’hanami à domicile. Parmi les services proposés, on trouve la décoration de pièces privées avec du gazon artificiel ou encore la projection de paysages de fleurs de cerisier sur les murs.

L’hanami est également une occasion pour l’industrie touristique japonaise de mettre en contact des visiteurs étrangers avec des lieux moins connus. Selon Bloomberg, cette stratégie porte ses fruits. De nombreux touristes s’aventurent ainsi au-delà des villes. En 2018, plus de 40% des visiteurs étrangers ont séjourné dans des hôtels en dehors de Tokyo, Nagoya et Osaka.

Aomori, une préfecture isolée du nord du pays comptant 1,3 million d’habitants, a reçu 3,1 millions de visiteurs lors de l’hanami l’année dernière. Selon le magazine Travel + Leisure, Aomori figure parmi les premiers sites à visiter en avril lorsque la floraison des fleurs de cerisiers atteint son apogée.

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