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La vérité troublante sur les livraisons par drone

Il y a environ 6 ans, le patron d’Amazon, Jeff Bezos, a fait une déclaration fascinante dans le populaire talk-show américain « 60 minutes ». À l’avenir, les colis seraient livrés aux clients dans les 30 minutes suivant leur commande. Pas par des gens, mais par un drone. Un « game changer » absolu semblait en cours de développement.

Bezos a ensuite déclaré que ce mode de livraison soit opérationnel d’ici 4 à 5 ans. « Le plus gros défi est de rendre les drones si sûrs qu’ils soient conformes à la réglementation de la FAA« , a-t-il ajouté avec sagesse. La FAA (Federal Aviation Administration) est le chien de garde de l’aviation américaine.

La différence entre ce qui est possible et ce qui est permis

Plus de 5 ans plus tard, aucun drone ne vient livrer des marchandises par les airs. La question n’est pas de savoir si de telles livraisons sont possibles ou si elles devraient être autorisées. Et comme Bezos l’avait prédit, la FAA reste le plus gros obstacle (à lire : l’unique).

La technologie des drones a continué d’évoluer en l’espace de cinq ans. Le drone Prime Air mesure 1,8 m de large et dispose d’un grand espace de chargement ayant la forme d’une brique de lait dans lequel les colis peuvent être transportés. La grande majorité des commandes passées auprès d’Amazon sont éligibles pour le transport par drone, parce qu’elles sont suffisamment légères. La question est de savoir si cela arrivera un jour.

(JORDAN STEAD / Amazon)

Amazon a dépensé 28 milliards (25 milliards d’euros) en coûts de transport l’an dernier. C’était à peu près un quart de plus que l’année précédente. L’entreprise est en concurrence féroce avec d’autres e-commerçants pour livrer les commandes à ses clients de plus en plus rapidement. Dans plus de 50 villes américaines, Amazon livre votre commande en 2 heures.

Plus rapide et moins cher, mais…

Si l’entreprise était autorisée à utiliser des drones, les coûts de transport seraient considérablement réduits en plus des délais de livraison. On estime que le coût des livraisons par drone représenterait la moitié, voire le quart du transport routier.

C’est la bonne nouvelle, car même si la société a livré sa première commande intégralement réalisée par un drone il ya plus de trois ans, elle n’a toujours pas obtenu l’autorisation de la FAA pour effectuer de telles livraisons commerciales.

Un homme livre des colis Amazon au centre-ville de New York
Le drone n’a aucune chance dans les villes

Des drones dans les villes ? Non merci …

C’est donc avec un kilo de sel qu’il faut prendre l’affirmation selon laquelle la société utilisera des drones pour livrer les commandes aux clients « dans les mois à venir ».

Les drones ne doivent être utilisés que dans les zones où il n’y a pas d’obstacles. Pour commencer, cela exclut les villes où habitent 100 millions de clients d’Amazon Prime. Ensuite, il y a la question de la vie privée. Les drones sont équipés de caméras et de capteurs. Tout le monde n’aime pas ça. Enfin, les gouvernements régionaux peuvent bloquer les livraisons de drones, même si la FAA donne son feu vert. La ville de San Francisco a ainsi interdit les scooters électroniques, car ils génèrent trop de nuisances.

Les bourdonnements qui descendent du ciel ne seront pas appréciés de tous.

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