Economie

L’industrie pétrolière mise en danger par les bus électriques

Il y a 10 ans, personne ne croyait aux bus électriques. Aujourd’hui, la Chine en sort plus de 9.500 toutes les cinq semaines. Cette nouvelle flotte à zéro émission vient déstabiliser la demande en pétrole: il faudra environ 279.000 barils de pétrole en moins chaque jour.

Les bus équipés de moteurs alimentés par batterie sont susceptibles de sérieusement révolutionner le transport urbain et remodeler les rapports de forces qui gèrent l’industrie de l’énergie. Et dans ce domaine, la Chine, qui est le premier pays à souffrir des émanations toxiques des moteurs à combustion fossile, arrive clairement en tête.

En 2017, la Chine comptait environ 99% des 385.000 bus électriques qui circulent sur les routes de la planète, ce qui représente 17% de la flotte totale du pays, a calculé Bloomberg New Energy Finance (BNEF). Toutes les cinq semaines, les villes chinoises produisent environ 9.500 transporteurs à zéro émission, soit l’équivalent de toute la flotte de bus de Londres, selon Transport for London. Et cette production se ressent sur la demande globale en carburant.

Consommation des bus

Les bus standards consomment 30 fois plus de carburant que les voitures de taille moyenne. Conséquence, leur impact sur la consommation d’énergie est beaucoup plus important que celui des voitures électriques produites par Tesla Inc. ou Toyota Motor Corp.

Selon les calculs de la BNEF, 1.000 bus qui roulent à l’électricité, cela représente environ 500 barils de carburant retirés du marché chaque jour. Cette année, le volume des bus qui ne dépendront pas du marché des combustibles fossiles pourrait augmenter de 37%, passant à 279.000 barils par jour la quantité de pétrole économisé chaque jour. Ce qui équivaut à la consommation quotidienne de la Grèce, estime la BNEF.

Point de basculement

« Ce segment approche du point de basculement », a déclaré Colin Mckerracher, expert en Transport du futur chez Bloomberg. « Les gouvernements municipaux du monde entier sont pris à partie pour la mauvaise qualité de l’air urbain. Cette pression ne va pas disparaître, et les ventes d’autobus électriques sont en position de bénéfices. »

La Chine est en avance sur l’électrification de sa flotte parce qu’elle est le pays avec le plus gros problème de pollution au monde. Avec une population urbaine croissante et une demande énergétique galopante, les smogs légendaires de la nation ont été responsables de 1,6 million de décès en 2015, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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