Science

La science confirme que la pollution favorise la maladie d’Alzheimer

Et les premiers signes de la maladie sont déjà visibles sur des enfants

Selon un nombre croissant d’études, le risque de développer la maladie d’Alzheimer serait plus important chez les personnes plus exposées à la pollution de l’air : les citadins, ceux qui vivent à proximité d’un axe routier ou dans des zones plus polluées. Et les premiers signes de la maladie apparaissent même chez les plus jeunes…

Tout récemment, les résultats d’une étude menée à Mexico City, la capitale du Mexique, ont montré le lien entre la pollution de l’air et la maladie d’Alzheimer chez les enfants.

Des enfants qui présentent déjà des signes biologiques de la maladie

Pour cette étude, publiée fin 2018 dans le Journal of Alzheimer’s Disease, une équipe internationale de chercheurs s’est penché sur l’état de santé de 354 enfants, adolescents et jeunes adultes vivant à Mexico City – l’une des villes les plus polluées au monde – et a découvert que ceux-ci présentaient déjà les premiers signes biologiques de la maladie. Les chercheurs ont comparé leur bilan avec 153 enfants vivant dans des villes moins polluées : les enfants de Mexico City étaient plus touchés.

D’autres études récentes vont dans le même sens. Une étude canadienne publiée dans The Lancet en 2017 a révélé que les personnes résidant à proximité d’un réseau routier important présentaient des risques accrus de démence. Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont suivi plusieurs millions d’habitants de l’Ontario entre 2001 et 2012.

Deux ans plus tôt, en 2015, une étude américaine menée par une équipe de chercheurs de Harvard est publiée dans Environmental Health Perspectives. L’étude portait sur presque 10 millions d’Américains vivant dans 50 grandes villes du nord-est des Etats-Unis. Pendant des années, entre 1999 et 2010, les chercheurs ont étudié les données Medicare (le système d’assurance-santé pour les 65 ans et plus) de ces personnes. Ils se sont rendu compte que des niveaux plus élevés de pollution atmosphérique aux particules fines entraînaient une augmentation des risques relatifs d’être admis à l’hôpital pour la maladie d’Alzheimer.

Près de 50 millions de personnes atteintes d’une forme ou d’une autre de démence

Enfin, pour une étude plus proche de nous, 131 Londoniens âgés de 50 à 79 ans ont été suivis entre 2005 et 2013, et les résultats furent publiés dans le British Medical Journal. Les chercheurs qui ont mené l’étude ont constaté un risque accru de démences liées à l’âge, en particulier la maladie d’Alzheimer, chez les personnes vivant dans zones urbaines polluées, qui sont exposées au dioxyde d’azote ou aux particules fines.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, près de 50 millions de personnes dans le monde sont atteintes d’une forme de démence, dont la maladie d’Alzheimer est la forme la plus commune. Les essais cliniques ont beau se succéder, il n’existe aujourd’hui ni traitement ni vaccin. Les causes même de la maladie sont encore débattues… Mais des études sur les facteurs de risque environnementaux, comme celles citées dans cet article, permettent de mieux comprendre cette maladie qui touche de plus en plus de personnes dans le monde.

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