‘L’europe est victime des pratiques opaques des lobbies’

Les propositions des gouvernements et des institutions européens sont influencées par des groupes de pression et des lobbyistes, ce qui augmente le risque de corruption. C’est ce qui ressort  du sixième rapport annuel de l’organisation Transparency Internation, « Lobbying in Europe: Hidden influence, privileged access ».

Ce dernier, qui a évalué 19 Etats-membres et les 3 institutions européennes, déplore qu’aucun pays ou institution de l’UE ne se soit protégé au moyen d’un cadre de prise de décision transparent, ce qui ouvre la porte aux pratiques opaques du lobbying.

Au global, ce groupe de 19 pays et de 3 institutions obtient une note globale de seulement 31% en matière de promotion de la transparence, de l’intégrité et de l’égalité d’accès au lobbying. Bruxelles apparait clairement comme le point de convergence du lobbying en Europe, mais en moyenne, les institutions européennes n’obtiennent que la médiocre note de 36%.

« L’Europe nécessite d’urgence des réformes pour le lobbysme », note le rapport. « Les gouvernements et les lobbyistes doivent en faire plus pour s’attaquer à ces mauvais résultats en s’attaquant aux déficiences dans le cadre général de transparence, d’intégrité, et d’égalité d’accès dans les différents pays ».

L’organisation a également dressé une carte interactive des scores remportés par les 19 pays et les 3 institutions européennes évaluées.

Peu de pays en Europe remportent un bon score dans le domaine de la transparence et du contrôle démocratique des groupes de pression. La Slovénie est le seul pays dont la note dépasse 50% (elle obtient 58%). L’Irlande (48%), et la Lituanie (50%) s’en rapprochent, tandis que Chypre (7%) et la Hongrie (8%) sont les lanternes rouges avec des scores inférieurs à 10%. Au sein des 3 institutions européennes, c’est la Commission qui se distingue le plus dans ce domaine, avec une note de 48%.

« Les pratiques de lobbying opaques constituent l’un des principaux risques de corruption au sein de l’Europe. », peut-on lire.

Selon Transparency International, c’est en Belgique que les groupes de pression sont les plus actifs, de toute évidence en raison de la présence des institutions européennes à Bruxelles.

« Le lobbying n’est pas mauvais en soi quand il permet aux groupes d’intérêts de défendre leurs vues face à des décisions qui peuvent les affecter. (…) La pratique du lobbying est largement associée au secret et à l’octroi de privilèges injustifiés ».

En 2013, le Wall Street Journal avait affirmé que les Eurocrates semblaient copier-coller allègrement des textes qui leur étaient soumis par des lobbies. Le site Lobbyplag.eu avait mis en évidence que des amendements proposés par des députés européens semblaient être en fait des reproductions émanant de documents fournis par Ebay, Amazon, ou encore la Fédération Bancaire Européenne. 

Show More

Express devient Business AM

Close
Close