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Les commerces électroniques américains ont du souci à se faire: Trump veut la peau d’Amazon

Si le Congrès des États-Unis a pris Facebook pour cible, c’est Amazon qui est dans le collimateur du président des États-Unis, Donald Trump. Cinq sources qui auraient discuté avec le président ont expliqué à Axios que celui-ci était « obsédé par Amazon ».

Le président américain aurait évoqué l’idée d’imposer denouvelles règles fiscales pour le commerce électronique, afin qu’elles heurtentAmazon. Une source qui aurait discuté avec lui a même affirmé qu’elle l’avaitvu se demander à haute voix s’il n’y avait pas un moyen d’attaquer Amazon surle terrain de la législation de la concurrence ou des lois antitrust.

« Un traitement de faveur »

Le président répéterait à l’envi à son entourage qu’Amazon abénéficié d’un traitement de faveur de la part du fisc américain et de l’US PostalService, la poste américaine. Ces allégations ne sont pas tout à fait exactes, comptetenu qu’Amazon a aussi permis à cette dernière de créer un service de livraisonle dimanche dans certaines villes des États-Unis, précise Axios. Plusieurspersonnes auraient d’ailleurs tenté de corriger cette perception du président enlui rappelant qu’au contraire, la poste américaine réalise des bénéficesimportants grâce à Amazon.

Trump se méfieraitégalement du Washington Post, un journal acquis par Jeff Bezos en 2013, le CEOd’Amazon, et dont le président américain considère qu’il est son arme politique.Dans un tweet rageur de juin dernier, il avait même affirmé que sespublications n’étaient que des « fake news ».

Axios explique que cette « obsession » proviendrait du fait queles amis riches du président qui évoluent dans le secteur de l’immobilier, lui ontexpliqué qu’Amazon détruisait leurs entreprises. Ils estiment que la firme deJeff Bezos est directement responsable des fermetures de centres commerciaux etde magasins physiques.

La débâcle du commerce américain (et mondial)

En 2017, aux États-Unis, plus de 6.000 magasins ontfermé. Pire, ce chiffre devrait être largement dépassé cette année, selon FoxBusiness, qui a établi une liste effroyable des commerces qui devraient fermercette année. 

Et le responsable de cette débâcle, c’est bien sûr l’e-commerce.Désormais, aux États-Unis, 2/3 de tous les livres, films et supports musicauxsont achetés en ligne, tout comme 2/5 des fournitures de bureau et des jouets.Un quart des vêtements est également acheté en ligne. Amazon est maintenant le sixième plusgros détaillant du monde, et a réalisé un chiffre d’affaires de près de 178milliards $ (environ 144 milliards d’euros) en 2017. En 2001, la société figurait encore à la 157e place.

Amazon devient incontournable

Lasociété compterait 100 millions de familles américaines comme clientes, et onestime que plus de la moitié des foyers américains (exactement 51 %) aurontsouscrit son service Prime à la fin de cette année, ce qui en fera leurfournisseur incontournable pour une vaste gamme d’articles et de services. Dans30 villes américaines, Amazon livre à ses abonnés du service Prime lescommandes en 2 heures et sans frais supplémentaires.

Plus les magasins font des efforts pour concurrencer Amazon,plus ils perdent de l’argent. La logistique et l’infrastructure requisesdévorent les marges bénéficiaires. Selon la banque Morgan-Stanley, pour chaquepoint de pourcentage qu’un commerçant gagne en part dans l’e-commerce, il doitcéder un demi-point de pourcentage de sa marge bénéficiaire. Ce n’est pas queça dérange Amazon.

De chaque dollar supplémentaire dépensé cette année enligne, 50 cents aboutiront dans les caisses d’Amazon.

Amazon dévisse en bourse

Les entreprises du secteur du commerce électronique ont donc un nouveau sujet d’inquiétude, comme les investisseurs dans les valeurs technologiques. En effet, suite à ce rapport, le titre Amazon a perdu 7 % à la bourse de Wall Street, effaçant du même coup près de 50 milliards de dollars (environ 40 milliards d’euros) de valorisation boursière de la firme. Cette perte s’est ajoutée à celle qui a résulté du scandale « Cambridge Analytica », qui a conduit à un effondrement boursier des titres des GAFA. Au total, Facebook, Amazon, Netflix et Google aurait perdu 169 milliards de dollars (137 milliards d’euros) de valeur en l’espace d’une semaine.

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