Les applications de messagerie instantanée comme WhatsApp et iMessage sont en train de tuer la vache à lait des opérateurs de téléphonie mobile

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Le trafic des applications qui permettent de converser comme WhatsApp et iMessage (Apple) a dépassé celui des SMS traditionnels, rapporte le Financial Times. C’est une mauvaise nouvelle pour les opérateurs téléphonie mobile, pour qui les SMS, qui ne leur coûtent quasiment rien,  sont une importante vache à lait.

Dans son livre, « Priceless: The Myth of Fair Value (and How to Take Advantage of It) » , William Poundstone expliquait en effet que le coût des SMS est négligeable pour les opérateurs. Contrairement aux emails, à internet, et à la voix, les SMS passent sur le réseau cellulaire. Ils occupent un espace qui aurait été autrement inutilisé sur un canal de contrôle utilisé pour la maintenance.

Les données collectées par Informa, une société de consultance et de recherche dans le secteurs des télécoms, montrent que la technologie de messagerie instantané passant par le réseau internet, qui existe depuis à peine 5 ans, pourrait même s’avérer être une menace pour la domination de Facebook sur les médias sociaux.

Ainsi, à la fin de l’année 2012, ces applications ont adressé quotidiennement plus de messages instantanés qu’il ne s’est envoyé de SMS. Informa s’attend même à un doublement de ce type de messages cette année, soit 41 milliards de messages quotidiens. Cela correspond à plus du double du nombre de SMS qui pourraient être adressés dans le même temps.

Les répercussions seront très sensibles pour l’industrie des télécoms, qui génère 120 milliards de dollars par an avec la messagerie texte, selon Informa. En Espagne, par exemple, les recettes du trafic de SMS en 2011 sont tombées à 758 millions de dollars contre 1,1 milliard de dollars en 2007. Au cours de la même période, le nombre de SMS s’est écroulé, passant de 9,5 milliards à 7,4 milliards par an.

Ted Livingston, le CEO de Kik, un concurrent de WhatsApp, Viber, iMessage et Facebook qui se targue déjà d’avoir été adopté par 50 millions d’utilisateurs, pense que les SMS sont condamnés. « Si je peux obtenir gratuitement quelque chose d’une qualité similaire plutôt que d’avoir à payer, je préférerai probablement prendre le service gratuit », dit-il. Les opérateurs de téléphonie mobile ont eux-mêmes commencé à proposer ce type de services, et ils comptent sur l’arrivée de la 4G pour leur permettre de renouer avec les facturations « premiums ».

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