Politique

L’ère de « l’homme fort »: plus d’une personne sur cinq vit dans un régime autoritaire

Le président chinois Xi Jinping a raffermi son emprise sur le pouvoir dans son propre pays et pourra rester président de la Chine aussi longtemps qu’il le voudra. Xi devait normalement partir au plus tard en 2023, mais le Parti communiste chinois veut abolir cette limite de deux mandats de cinq ans, qui était néanmoins inscrite dans la constitution.

Xi est l’un des présidents chinois les plus puissants de tous les temps. Il est craint à cause de son approche brutale vis à vis de la corruption. On avait déjà soupçonné qu’il tenterait de rester au pouvoir plus longtemps, parce que, lors de sa réélection, aucun successeur potentiel n’avait été pressenti, contrairement à d’habitude. L’idéologie de Xi a même été inscrite dans la constitution, un honneur qui n’avait été réservé jusqu’alors qu’à Mao Zedong, le fondateur de la République populaire de Chine, et son bras droit Deng Xiaoping.

La Chine de Mao était pauvre, celle de Xi est riche

Mais l’emprise de Xi sur la Chine est plus ferme que celle de ses prédécesseurs. Alors que la Chine de Mao était chaotique et pauvre, celle de Xi est le moteur dominant de la croissance économique mondiale.

Plusieurs analystes craignent le pire et dans le changement de cap des communistes chinois, le signal le plus significatif à ce jour que le monde se dirige actuellement vers une période dans laquelle les régimes autoritaires commencent à remplacer les démocraties et ne s’appuient que sur un individu qui exerce un type de pouvoir fortement personnalisé.

1 personne sur 5 vit dans un régime autoritaire

Xi Jinping (Chine – 1,4 milliard d’habitants) a donc rejoint la liste des dirigeants autoritaires, qui comptait déjà Vladimir Poutine  (Russie – 150 millions), Abdel Fattah el-Sisi (Egypte – 100 millions) et Recep Tayyip Erdogan (Turquie – 80 millions). Plus de 20% de la population mondiale (1,7 milliard sur 7,6 milliards) vit aujourd’hui dans un pays dirigé par un homme qui se sent irremplaçable, sans compter les dictateurs africains, asiatiques et latins.

Mais plus proche de chez nous, des régimes autoritaires nationaux font aussi leur réapparition. Des pays comme la Hongrie et la Pologne, qui sont sortis de l’oppression du bloc soviétique il y a à peine 25 ans, en sont probablement les meilleurs exemples.

(Avec le départ de la Grande-Bretagne de l’UE, beaucoup en Europe se tournaient vers Angela Merkel comme un ancrage de la stabilité européenne. Mais les défis auxquels elle est confrontée sont intimidants. Dans son propre pays, sa position s’est considérablement affaiblie et un quatrième mandat n’est même pas certain compte tenu de l’attitude négative des jeunes du SPD. Au cours des derniers mois, sous l’impulsion du président français Macron qui a offert une alternative au Front national autoritaire à la France], Mme Merkel a souvent évoqué « plus d’Europe », alors que de nombreux citoyens européens veulent « moins d’Europe ». Et il ne faut pas compter sur Donald Trump pour agir contre l’extrémisme politique en Europe.)

De grandes conséquences pour le monde

La prise de pouvoir de Xi a de grandes conséquences pour le monde entier. Il a des projets très ambitieux en matière de politique étrangère chinoise, dans lesquels il aime positionner son pays comme un rival pour l’influence américaine dans le monde.

Dans son propre pays, Xi règne comme un homme fort qui ne montre aucune tolérance pour les idées qui ne coïncident pas avec les siennes, en dépit du fait qu’il ait réussi à s’accaparer tout le pouvoir.

En octobre de l’année dernière, The Economist l’avait déjà prédit :

« M. Xi pense peut-être que la fait qu’un seul homme concentre un pouvoir illimité sur plus de 1,4 milliard de personnes est le ‘nouveau normal’ de la politique chinoise. Mais ce n’est pas normal; c’est dangereux. Personne ne devrait avoir autant de pouvoir. Le pouvoir d’un seul est une recette pour l’instabilité de la Chine, comme cela l’a été par le passé – songez à Mao et à sa Révolution Culturelle. C’est aussi une recette pour un comportement arbitraire à l’étranger, ce qui est d’autant plus inquiétant, à une époque où les États-Unis de Trump se retirent, laissant un vide derrière eux ».

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