L’emploi est-il en voie de disparition?

Quel sera l’impact de l’automatisation, du big data, et de l’intelligence artificielle, ce que l’on nomme désormais la “quatrième révolution industrielle” sur le niveau de l’emploi? se demande Jean-Marc Vittori dans le journal économique français Les Echos. Il rappelle que la destruction des emplois classiques à laquelle nous assistons aujourd’hui avait été anticipée de longue date:

  • Dans les années 1930, l’économiste américain John Maynard Keynes avait prédit que le progrès technique favoriserait l’apparition d’un “chômage technologique”, parce qu’il dégagerait plus de gains de productivité que la main d’oeuvre humaine.
  • En 1961, au terme d’une enquête, le magazine américain Time avait aussi conclu que la substitution des travailleurs par des machines de plus en plus performantes provoquerait non seulement une destruction des emplois existants, mais qu’elle inhiberait également la création de nouveaux emplois.
  • En 2013, deux chercheurs d’Oxford avaient affirmé que 47% des emplois d’aujourd’hui pourraient être automatisés au cours des deux prochaines décennies aux Etats Unis. Une modélisation similaire aboutit à une proportion de 42% pour la France, 63% pour la Croatie, 69% pour l’Inde, 77% pour la Chine, et, pire, 85% pour l’Ethiopie.

Une révolution industrielle… sans création massive d’emplois

Trepalium, une série de la chaîne de télévision Arte, dépeint un monde où seuls, 20% de privilégiés ont un emploi. Ils doivent donc vivre dans un univers clos par une enceinte pour se protéger de la masse de chômeurs faméliques et désespérés.[youtube https://www.youtube.com/watch?v=jKHz5RLLjUw]Cette année,  la Banque mondiale a publié un rapport au cours du Forum économique de Davos dans lequel elle évoque l’émergence d’une nouvelle élite, formée des travailleurs des métiers créatifs. Les économistes pensent que cette révolution industrielle, contrairement aux autres, pourrait ne pas être créatrice d’emploi, pour 3 raisons:

  • Les évolution s’accélèrent, et désormais, les innovations et la robotisation se généralisent en un clin d’oeil. Les achats de robots industriels progressent maintenant au rythme de 17% (3% avant 2008).
  • Ces nouvelles technologies sont transposables à l’ensemble des secteurs économiques.
  • Seuls, quelques initiés profiteront de cette évolution.

Mais on peut aussi rester optimiste et croire que la théorie de l’économiste libéral français du XIXe siècle Frédéric Bastiat est encore valide: il est facile de penser aux emplois condamnés, mais il est impossible d’imaginer ceux qui seront créés par ces nouvelles technologies, parce qu’il ne ressembleront probablement pas aux métiers d’aujourd’hui.

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