Economie

Le secteur aérien prend des mesures contre la honte de prendre l’avion

Le secteur de l’aviation lance une vaste campagne visant à fournir des informations claires sur l’empreinte écologique des vols commerciaux. Il espère ainsi dissiper le phénomène du « flyggskam », c’est à dire la honte de voler. Ce dernier, qui a d’abord gagné la Suède et commence à s’étendre ailleurs dans le monde, consiste à refuser de prendre l’avion au motif que ce moyen de transport contribue fortement au réchauffement climatique.

Des personnalités telles que la militante suédoise pour le climat Grete Thunberg ont également appelé à éviter le transport aérien. En conséquence, de plus en plus de voyageurs évitent de prendre l’avion, lui préférant le transport ferroviaire.  L’ampleur de ce mouvement est tel, que des experts ont estimé qu’il avait contribué au dépôt de bilan de la compagnie aérienne WOW Air.

L’aviation représente 2 % des émissions mondiales

Toutefois, l’Association du transport aérien international (IATA), qui représente près de 300 compagnies aériennes, n’accepte pas cette critique. C’est pourquoi l’organisation du secteur a décidé de mettre en place une vaste campagne d’information. C’est ce qu’a indiqué Alexandre de Juniac, PDG de l’IATA.

L’objectif vise à clarifier les choses et à mettre en exergue les efforts du secteur pour réduire son empreinte carbone. « Je ne sais pas à quel point les gens savent par exemple que nous voulons réduire nos émissions de moitié d’ici 2050 par rapport à 2005 », explique Chris Goater, l’un des porte-parole de l’association, ajoutant que celle-ci a pris cet engagement il y a une dizaine d’années.

« Je ne sais pas si l’on comprend bien que les émissions de l’aviation représentent 2 % des émissions mondiales, que nous avons réduit de moitié nos émissions par passager depuis 1990. Donc le vol que vous avez pris en 1990, vous prenez le même aujourd’hui et vous émettez la moitié moins de carbone ».

Des efforts ont déjà été faits

Cette réduction est surtout liée à l’adoption d’avions plus performants ssur Cependant, le secteur s’attend à une forte croissance. Si aucune mesure concrète n’est prise, il y a un risque que l’impact du « flyggskam » s’intensifie à l’avenir.

Paul Chiambaretto, professeur à la Montpellier business school également directeur d’une chaire consacrée à l’économie du transport aérien, rappelle même que des efforts ont également été accomplis dans les aéroports. L’éclairage conventionnel des pistes a été remplacé par de l’éclairage LED, le temps de roulage des avions a été réduit pour baisser leur consommation de carburant, et dans certains cas, entre autres. Autant d’efforts qui semblent minimes, mais qui, cumulés, ont eu une réelle influence sur l’empreinte carbone de l’aviation.

En outre, il explique que le secteur souffre d’un déficit d’image : « La majorité des citoyens le mettent au même niveau que le secteur de l’habillement ou le secteur des activités via internet qui sont responsables de 4 à 5% pour internet, et 8% pour l’habillement ».

De Juniac n’a pas précisé la date de lancement de cette campagne.

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