‘Le refus de voir les choses en face et la culture de la négation ont rempli nos rues de terroristes’

La façon dont la Belgique et en France gèrent les dossiers des terroristes islamistes et de leurs complices devient hallucinante. Après que Jawad Bendaoud, l’homme qui avait mis son appartement de Saint-Denis à la disposition d’un groupe de terroristes, est venu dire avec désinvolture devant les caméras qu’il n’avait aucune idée de la nature des personnes qui avaient séjourné à son domicile (voir la vidéo), on a appris qu’il avait tué son meilleur ami en 2006 après une dispute au sujet d’un téléphone mobile. Il avait été condamné à huit ans de prison en 2008, mais depuis un an, il est libre. 

Pendant ce temps, l’AFP a rapporté qu’un autre islamiste radical qui avait écopé de 20 ans de prison après avoir été reconnu coupable de l’assassinat d’un commerçant a tiré parti d’une permission de sortie accordée il y a trois semaines pour se faire la belle. Des sources proches du dossier s’étonnent de l’autorisation de sortie dont il a bénéficié, compte tenu qu’il s’était radicalisé en prison, et que “c’était un détenu assez vindicatif”, selon Frédéric Stoll du syndicat de FO-pénitentiaire.

L’anthropologue et photographe de guerre Teun Voeten a publié mercredi dans De Tijd un billet d’opinion sur les problèmes de “notre Saint-Denis”, la ville de Molenbeek, en banlieue de Bruxelles.

“L’infrastructure de la ville, l’ingouvernabilité de la Belgique, le refus de voir les choses en face et une culture de la négation ont fait de Molenbeek une base pour les terroristes potentiels, écrit Voeten, qui a lui même habité neuf ans à Molenbeek. Il fustige en particulier ce refus de reconnaître les problèmes et la culture de la négation:

Le discours politique est détourné par une élite progressive béate qui est convaincue de la perfectibilité de la société. Les observations sur les aspects moins agréables des migrants et les éléments totalitaires dans l’Islam sont chassés sous le tapis ou classés comme étant de la démagogie d’extrême-droite.

Le débat est paralysé par un discours paternaliste, dans lequel les jeunes musulmans radicaux violents sont considérés comme des victimes de l’exclusion sociale. Bien sûr, les jeunes intègrent cet argument, car il offre un cadre conceptuel parfait dans lequel ils peuvent compter sur la sympathie et se décharger de leurs propres responsabilités.”

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