Le QE a échoué, que devrait faire la BCE pour relancer l’inflation?

La dernière fois que l’inflation était proche de la cible de la Banque Centrale Européenne, c’est à dire 2%, c’était en mai 2007, il y a 9 ans. Depuis, il n’a cessé de s’effondrer.  Que devrait faire la BCE pour remédier à cet état de fait, se demande Wolfgang Münchau dans le Financial Times.

  • Le rachat par la banque centrale des prêts défaillants des banques commerciales, et favoriser les fusions transfrontières, non pas pour améliorer les bénéfices des banques, mais pour assainir le secteur bancaire rapidement, et inviter les banques à prendre plus de risques. La BCE pourrait ensuite réduire le taux d’intérêt qu’elle applique sur les dépôts des banques commerciales, et qui est actuellement de -0,3%. Il s’agit cependant d’une mesure qui réclame un dosage précis, car les banques peuvent réagir en décidant de thésauriser des espèces dans leurs coffres, ce que des banques allemandes se préparent à faire.
  • La seconde recommandation porte sur les actions que la BCE devrait cesser de prendre, comme le rachat d’obligations. Car ce n’est pas parce qu’elles manquent de financement que les banques ne prêtent pas, mais parce qu’elles ont trop d’actifs risqués dans leurs bilans, et c’est donc ce problème qu’il faut traiter en priorité.  
  • La troisième recommandation est d’ouvrir un débat sur la politique monétaire suivie par la BCE, “en commençant par réaliser que le quantitative easing a échoué. Münchau explique qu’il a été lancé trop tard, à un moment où les taux d’intérêts étaient déjà trop faibles: “Comme l’un des principaux objectif du QE est de faire baisser les taux d’intérêts, son impact marginal a été bien plus faible”.

Lui suggère un “largage d’hélicoptère”, c’est à dire que la BCE devrait imprimer environ 3 milliards d’euros, pour les distribuer directement aux citoyens, soit environ 10.000 euros par citoyen sur les 5 prochaines années. “Cela résoudrait bien le problème de l’inflation. Cela doperait la demande, et stimulerait les investissements, parce que les fournisseurs devraient développer leurs capacités de production pour répondre à cette hausse de la demande. Cette politique contournerait les gouvernements et le secteur financier. Les marchés financiers l’auraient en horreur. Elle ne leur offrirait rien. Mais qui s’en soucie?”

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