Le prix des oeuvres d’art est voué à flamber… Et les Chinois fortunés ne sont pas les seuls en cause

Le monde de l’art a été ébranlé le 11 mai dernier par l’achat d’un tableau de Picasso pour 179 millions de dollars par un acheteur inconnu, qui a marqué un nouveau record de prix pour un tableau ; quelques jours plus tard, une toile de Mark Rothko était adjugée pour 46 millions de dollars. Mais on a moins parlé d’une autre vente aux enchères tenue au Sotheby de New York, au cours de laquelle un groupe de Chinois a versé  116 millions de dollars pour obtenir des œuvres de Vincent Van Gogh, Claude Monet et Picasso.

Cet achat confirme que les Chinois s’imposent de plus en plus comme des acheteurs potentiels sur le marché des chefs-d’œuvre européens. Parmi les acheteurs de la vente aux enchères de Sotheby, on trouve deux magnats du cinéma et le magnat de l’immobilier Wang Jianlin, qui était jusqu’à récemment l’homme le plus riche d’Asie selon Forbes. Il possède déjà plus de 1000 œuvres d’artistes chinois et des douzaines d’œuvres européennes. Selon l’expert en art qui le conseille, Guo Qingxiang, Wang Jianlin envisage d’exposer sa collection d’art occidental lorsqu’elle sera assez grande.

The Economist a calculé que le nombre d’acquéreurs chinois d’œuvres d’art non-chinoises chez Sotheby a doublé entre 2010 et 2014. Au cours de cette période, 650 personnes d’origine chinoise auraient payé un total de 410 millions de dollars pour acheter des œuvres non-chinoises proposées aux enchères par cette célèbre maison de vente.

Récemment, sur le site de la chaîne de télévision française BFM TV, Thierry Ehrmann, fondateur d’Artprice.com, un site d’information sur le marché mondial de l’art, a expliqué pourquoi il pensait que le prix des œuvres d’art allait continuer à grimper :

Il s’est créé plus de musées entre 2000 et 2015 que durant tout le XIXème et XXème siècle. Il s’ouvre actuellement un musée par jour ».

Il affirme que les musées d’art recherchent en permanence des œuvres pour compléter leurs collections, qui se doit de comprendre de 3000 à 4000 œuvres de qualité muséale. Idéalement, ils doivent aussi acquérir des œuvres iconiques pour attirer les visiteurs et assurer ainsi leur profitabilité.

Ehrmann rappelle à cette occasion que 18% des visiteurs du Louvre ne s’y rendent que pour découvrir la Joconde, et que cette toile pourrait être évaluée entre 1,8 et 2,2 milliards d’euros en raison des recettes qu’elle rapporte au célèbre musée parisien.

En conséquence, il pense que les grandes œuvres d’art seront bientôt adjugées pour plus de 1 milliard de dollars : « Le collectionneur privé ne navigue pas dans ces eaux-là. Il se heurte à un raisonnement économique qui l’exclut d’office: un musée pourra faire grimper les enchères à des niveaux astronomiques s’il sait qu’un tableau lui assurera une rentabilité ultérieure ».

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