Science

Le monde pensait que l’épidémie de sida était sous contrôle. Rien n’est moins vrai…

Il y a à peine 2 ans, lesEtats-Unis pouvaient annoncer fièrement que le sida était presquevaincu, mais depuis lors, cette vision optimiste est largemententachée, explique Laurie Garrett, journaliste américainespécialisée dans les articles scientifiques. Elle voit à celaplusieurs raisons.

Elle reconnaît qu’avecl’administration des médicaments disponibles, la maladie ne doitplus être considérée comme une condamnation à mort, ce qui étaitle cas dans les années 80 et 90 du siècle passé. Mais selon elle,le virus pourrait provoquer une hausse de décès pour la premièrefois depuis longtemps.

37 millions de personnesatteintes par le VIH

Depuis qu’au début desannées 80, le sida a été classé comme une maladie infectieusemortelle, il a causé dans le monde 35 millions de morts.Actuellement, dans le monde entier, 37 millions de personnes viventtout en étant contaminées par le virus VIH, responsable de lamaladie.

« Pendant des années, le virus a semblé être en recul et le nombre de décèsest tombé à un niveau particulièrement bas. Mais la maladie sembleavoir repris des forces pour résister à nos efforts, pour lapremière fois ces derniers temps », explique Garrett. 

« Cette reprise doitêtre imputée principalement à des stratégies insuffisantes sur leplan de la santé publique, à une démographie en évolution rapideet à des moyens financiers limités », précise la journaliste.

Un cocktail journalier

« Dans les années 80,les chercheurs ont fait savoir qu’un cocktail quotidien demédicaments permettait aux personnes infectées de vivrenormalement. En outre, grâce à ce cocktail, la transmission àd’autres personnes était fortement improbable. »

« On espérait mêmestopper le développement de l’infection par le VIH vers la fin de ladécennie suivante. Il n’y aurait désormais plus de décès. Le coûtannuel de ce cocktail salvateur a même pu passer de 10.000 dollars àmoins de 75 dollars. Des milliards ont été investis dansl’identification de malades, dans leur traitement et dans le suivimédical. »

Les médicaments neguérissent pas

« Les médicamentsn’ont cependant pu guérir personne », affirme Garrett. « Touteinterruption dans la prise du médicament permet aux virus cachés des’infiltrer dans la circulation sanguine de l’individu, mettant endanger la santé et la survie du patient et augmentant les risques depropagation de l’infection. »

« Il y a des centainesde facteurs – guerres, problèmes de transport, problèmes financiersdu gouvernement, migration ou négligence individuelle – qui peuventinterrompre le traitement. En outre, la plupart des personnescontaminées ne savent pas qu’elles sont porteuses du virus. Elles nevoient donc aucune raison de demander un test de dépistage ou de prendre lesmesures nécessaires pour protéger les autres. »

Des formes résistantes

« Par conséquent, lapandémie continue de croître », souligne Garrett. « L’annéedernière, 940.000 personnes sont mortes de problèmes liés au VIH,alors que 1,8 million d’individus ont été contaminés. Lesnouvelles infections semblent également plus difficiles à traiter. »

« Des formesrésistantes de l’infection ont fait leur apparition, ce qui rend letraitement traditionnel moins efficace. Des traitements plus chers,qui présentent une plus grande efficacité, ne sont pas disponiblesdans les pays les plus pauvres ou rarement. Dans un certain nombre deces pays, des formes plus résistantes du virus seraient déjàresponsables de plus de 10% des contaminations. »

Nouvelles infections

« Dans certains pays,ces problèmes ont causé l’échec de 90% des traitements », prévient Garrett. « Dans ces régions, les nouvelles infectionsn’ont pas pu être soignées avec les anciens traitements bonmarché. »

« Parallèlement, leproblème du sida semble beaucoup moins une priorité pour lesgouvernements. L’organisation Unaids a dû en même temps faire faceà une augmentation nouvelle de certaines maladies sexuellementtransmissibles comme la syphilis, la gonorrhée, le chlamydia etl’herpès. »

« Si la population enâge d’avoir des relations sexuelles utilisait les moyens deprotection contre le VIH, ces affections sexuellement transmissiblesne connaîtraient pas un renouveau », conclut Garrett. 

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