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Le monde à l’envers: Uber et Cie augmentent les embouteillages

L’une des promesses desservices de taxis alternatifs tels qu’Uber et Lyft était de réduirele nombre de voitures qui obstruent les rues des villes. Cependant,certaines études avancent exactement le contraire: cesservices attirent les passagers hors des bus et des ramesde métro et font en sorte qu’ils délaissent leur vélo ou la marcheà pied pour finalement s’installer dans les véhicules de ces sociétés. 

Uber et Lyft affirmentêtre un complément des transports en commun en reliant les usagersà d’autres plate-formes. Toutefois, ces entreprises n’ont pas publiéde données à ce sujet et des scientifiques externes se sont chargésdes études, rapporte Associated Press.

Impact de plus en plusclair

« L’impact de toutesces voitures devient de plus en plus clair », a déclaréChristo Wilson, professeur d’informatique à la NortheasternUniversity de Boston. « Le consensus émergent est que lecovoiturage augmente la congestion ».

Lors d’une étude réalisée auprès de 944 utilisateurs de services de taxis alternatifs, prèsde 60% des personnes ont affirmé qu’elles auraient eu recours auxtransports en commun, à la marche, au vélo et évité les trajetsen voitures si les applications de covoiturage n’avaient pas étédisponibles.

« Le partage devoitures tire parti des transports en commun, mais ne lescomplète pas », explique Alison Felix, une des responsablesdu rapport.

Ce n’est pas vraiment cequ’avait laissé entendre Travis Kalanick, le fondateur d’Uber, en2015, lorsqu’il avait déclaré: « Nous envisageons unmonde où dans cinq ans, il n’y aura plus de circulation à Boston ».

Selon une autre étudeparue en décembre dernier, la hausse importante du nombre de taxiset de véhicules de covoiturage contribuent à ralentir lacirculation dans le quartier central des affaires de Manhattan. Leschercheurs ont d’ailleurs recommandé de prendre des mesures afin deprévenir de nouvelles augmentations de véhicules vacants occupésuniquement par un seul conducteur attendant son prochain trajet.

Une étude publiée en juin dernier a montré qu’à San Francisco, en jour de semaine,plus de 170.000 trajets en autopartage étaient réalisés, soitplus de 12 fois le nombre de voyages en taxi traditionnel. Parailleurs, les voyages se concentrent principalement dans les zonesles plus denses et les plus encombrées de la ville, indiquent leschercheurs.

Vitesse

Une enquête menée dansplusieurs villes américaines a montré qu’entre 49% et 61% destrajets en voiture n’auraient jamais eu lieu si ces services decovoiturage n’avaient pas été disponibles. Parallèlement, l’étudemenée à Boston a déterminé que la raison principale pour laquelle les personnesoptaient pour ces services était la vitesse.

Lyft a cependant déclaréqu’il visait à rendre la possession de voitures privées facultativeen incitant davantage de personnes à partager un véhicule afind’aider à réduire la possession d’une voiture et en s’associantavec les transports en commun.

De son côté, Uber aégalement lancé son nouveau service Express Pool qui relie lesutilisateurs qui souhaitent voyager vers une destination similaire.Les usagers doivent parcourir une courte distance à pied pour êtreensuite ramassés à un endroit commun et conduits à un point prochede leur destination finale. Ce service peut être comparé à l’offredes services de bus ou de métro.

« Comme ces coursessont vraiment bon marché, cela incite les personnes à se détournerdes transports en commun », a expliqué le professeur Wilson. « Pourquoi monter dans un bus aux côtés de cinquante autrespersonnes lorsque vous pouvez monter dans une voiture dans laquelle,si vous avez de la chance, vous ne serez que le seul passager ? »,conclue-t-il.

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