Economie

Le directeur d’une firme pharmaceutique: « C’est une obligation morale pour moi de vendre les médicaments le plus cher possible »

La firme pharmaceutiqueNostrum Laboratories a suscité la controverse en faisant passer leprix d’une bouteille de nitrofurantoïne, placée sur la liste desmédicaments essentiels par l’OMS, de 474,75 à 2.392 dollars. NirmalMulye, directeur de Nostrum, considère cependant que cetteaugmentation suit la dynamique du marché.

Il évoque à ce proposune obligation morale. « Une entreprise se doit de générer desrentrées financières », dit-il. « Il est donc normal devendre les médicaments au prix le plus élevé. »

Economies

La nitrofurantoïne est unantibiotique utilisé pour les infections intestinales, mis sur lemarché dans les années 50. Elle est vendue sous forme de cachets oude liquide.

Mulye souligne que cetteaugmentation est une réaction à une hausse de prix du concurrentCasper Pharma, qui a commercialisé ce produit sous le nom deFuradantin et qui ces derniers 18 mois, a augmenté le prix de sonproduit de 182%, portant le prix de la bouteille à 2.800 dollars.

Mulye ajoute qu’encomparaison à Casper Pharma, son entreprise offre quand même unepossibilité d’économies au client. Il souligne cependant qu’ils’attend à encore garantir des rentrées financières àNostrum.

Mulye prend également la défensede Martin Shkreli, ancien directeur de l’entreprise TuringPharmaceuticals, connu il y a trois ans pour avoir fait passer de13,5 dollars à 750,  le prix d’un cachet de Daraprim, unproduit utilisé dans le traitement du cancer et du sida.

« Shkreli avait tousles droits d’augmenter le prix », souligne Mulye. « Il devaitrécompenser ses actionnaires. Turing était la seule entreprise àproduire du Daraprim et pouvait donc espérer à en retirer unmaximum de bénéfices. »

Capitalisme

« Nous sommes dans uneéconomie capitaliste et si vous ne gagnez pas d’argent, vous n’êtespas en mesure de rester dans les affaires », dit le président deNostrum. « Il faut saisir toute possibilité de faire du chiffre.Le prix des smartphones augmentent, tout comme celui des voitures etdes chambres d’hôtel. »

Le Financial Timessouligne que Nostrum et Casper ont pu appliquer de fortes hausses deprix parce que la forme liquide du produit a commencé à manquer àcause de nouvelles règles sur la salubrité, décidées par la laFood and Drug Administration.

L’autorité américainedes produits pharmaceutiques est aussi visée par Mulye. « Lesnouvelles règles sur les impuretés dans les produits est unnon-sens complet », dit -il. Il affirme que l’entreprise estconfrontée depuis des années à des pertes et fait face à unehausse des cotisations que les firmes pharmaceutiques doivent payerau régulateur.

Il accuse la Food and DrugAdministration de vol , d’incompétence et de corruption. Il ditaussi que les prix du Nitrofuantoïne pourraient encore augmenter siles circonstances du marché l’exigeaient.

Obligation morale

Scott Gottlieb, directeurde la Food and Drugs Administration, affirme par contre qu’il n’y aaucune obligation morale à appliquer des prix exagérés et deprofiter des patients. « L’autorité en matière pharmaceutiquecontinuera à favoriser la concurrence si bien que les spéculateurset autres profiteurs qui ne se préoccupent pas de la santé,ne pourront pas abuser des patients qui ont besoin de leursmédicaments », prévient Gottlieb.

Le président Trump aauparavant souvent critiqué la politique de prix du secteurpharmaceutique. Dès lors, Pfizer a décidé de supprimer les projetsde hausse de certains prix.

« Les pratiquesd’entreprises comme Nostrum montrent cependant qu’en réalité rienn’a changé », dit Michael Rea, directeur de l’entreprise RXSavings Solutions, qui fabrique des logiciels permettant aux patientsde diminuer leur facture de médicaments. « L’effet de cescandale public est visible et des prix multipliés par trois ne sontpas rares. »

Show More
Close
Close