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Le crédit social interdit à des millions de Chinois de prendre l’avion

L’année dernière, des millions de citoyens chinois et d’entreprises du pays ont perdu leur crédit social. Les personnes « discréditées » ont été inscrites sur une liste noire dressée par les autorités chinoises. Ces observations ressortent d’un rapport du Centre national d’information sur le crédit public. Toutefois, cette mesure a de lourdes conséquences. La perte de solvabilité sociale entraîne des contraintes sociales considérables pour les Chinois discrédités.

Cette liste noire fait partie des tentatives du gouvernement chinois pour renforcer la fiabilité des citoyens au sein de la société. L’utilisation du système gouvernemental de crédit social s’accélère. Cependant, ce dernier est l’objet de nombreuses critiques.

Fiabilité

Le gouvernement travaille à un système qui doit attribuer un pointage de crédit social aux 1,4 milliard de citoyens. Les mesures doivent permettre au gouvernement de distinguer les citoyens dignes de confiance des individus déviants. Selon le rapport, l’année dernière, les autorités chinoises ont collecté plus de 14,21 millions de données au sujet du « comportement douteux » d’individus et d’entreprises.

Les allégations incluent la fraude auprès de clients, la collecte illégale de fonds, l’utilisation de publicité mensongère ou trompeuse ainsi que les comportements inciviques telles que s’accaparer de places réservées dans le train ou encore provoquer des problèmes dans les hôpitaux.

Plus de 3,59 millions d’entreprises chinoises ont été ajoutées à la liste noire officielle de solvabilité. Cette inscription empêche les entreprises de participer à une série d’activités telles que les appels ‘d’offres sur des projets, l’accès aux marchés de la sécurité, la vente aux enchères de terres ou l’émission d’obligations.

En outre, 17,46 millions de personnes « discréditées » ont été interdites d’acheter des billets d’avion. 5,47 millions de personnes se sont vu refuser l’accès aux trains à grande vitesse.

Droits de l’homme

Les observateurs font remarquer que l’introduction du système de crédit social chinois s’accélère. Le système vise à faire pression sur les citoyens pour qu’ils évitent les comportements répréhensibles. Cette liste noire est publiée publiquement.

De cette manière, les citoyens concernés s’exposent également à la condamnation sociale. Selon le rapport, un total de 3,51 millions d’individus et d’entités peu fiables ont remboursé leurs dettes ou se sont acquittés de leurs impôts et de leurs amendes grâce à la pression exercée par le système de crédit social.

Cependant, selon les défenseurs des droits de l’homme, ce système arbitraire ne tient pas compte des circonstances individuelles. Des individus et d’entreprises sont souvent considérés injustement comme peu dignes de confiance. Les activistes estiment également que le système de solvabilité constitue une violation des droits de la personne en matière de vie privée.

« Beaucoup de personnes ne peuvent pas payer leur dette parce qu’elles sont trop pauvres. Toutefois, elles seront soumises à ce genre de surveillance et de honte publique », expliquent les détracteurs. « Cela viole les droits de l’homme. »

Le rapport indique notamment 1 282 opérateurs peer to peer figurent dans la liste noire car ils ne pouvaient pas rembourser les investisseurs ou parce qu’ils ont été impliqués dans des collectes de fonds illégales.

Les sociétés médicales Quanjian Group et Changsheng Bio-Technology figurent désormais aussi sur la liste noire. Quanjian aurait fait de fausses déclarations de marketing concernant les avantages d’un médicament anticancéreux. Changsheng Bio-Technology aurait manipulé les résultats d’un vaccin contre la rage.

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