Economie

Le chauffage est en voie de disparition

Bientôt, toutes les constructions feront appel à des matériaux et des technologies qui permettront de bâtir des logements et des locaux professionnels très peu gourmands en énergie, et ce pour un surcoût minime, sinon inexistant. 

Cette évolution est déjà une réalité, grâce aux constructions « à énergie zéro », des maisons et des bâtiments qui consomment si peu d’énergie qu’il serait possible de s’abstenir de les connecter au réseau énergétique local, et de produire le peu d’électricité dont ils ont besoin avec quelques panneaux solaires, par exemple. En Europe (et plus particulièrement en Allemagne, où ces maisons sont très populaires), on parle de maisons passives, des maisons si bien isolées qu’il n’est quasiment plus nécessaires de les chauffer, ou de les climatiser.

Des matériaux et des technologies pour réduire la facture d’énergie

Outre les matériaux de construction et les menuiseries (double ou triple vitrage) qui leur assurent une excellent isolation, ces maisons reposent aussi sur une série d’équipements et de technologies très peu énergivores, au premier rang desquels on trouve les pompes à chaleur aérothermiques, capables de chauffer et parfois également de climatiser. Elles fonctionnent en transférant la chaleur extérieure à l’intérieur de la maison, grâce à un compresseur. Leur efficacité s’est beaucoup améliorée, et de nos jours, certains appareils fonctionnent jusqu’à -20°C.

De même, ce sont aussi des pompes à chaleur fonctionnant sur le même principe qui assurent la production d’eau chaude dans ces logements. On privilégie l’éclairage par LED, qui ne consomme parfois qu’un dixième de l’électricité requise par les ampoules à incandescence. Et l’avènement des NZEB a aussi été facilité par les évolutions des appareils électro-ménagers, dont la consommation électrique a été réduite des deux tiers depuis les années nonante. Enfin, pour éviter que l’air emprisonné dans ces maisons ne devienne vicié, on y installe des échangeurs d’air. Ces appareils permettent de ventiler le bâtiment et d’empêcher la formation de moisissures, tout en évitant les déperditions de chaleur. 

En conséquence, ces maisons sont aussi meilleures pour la santé : comme elles sont plus hermétiques que les maisons traditionnelles, elles évitent les entrées de pollution, mais aussi de bruits, lesquels sont d’importants facteurs de stress. Ces maisons sont donc non seulement plus économiques sur le plan de la facture d’énergie, mais aussi plus saines et plus confortables. 

Les législateurs américains et européens normalisent la construction de « NZEB »

Aux Etats-Unis, les « NZEB » (« nearly zero-energy buildings », ou autrement dit, des bâtiments à énergie zéro) gagnent progressivement du terrain. En 2017, on a recensé 8547 projets de ce type (dépendant totalement de panneaux solaires pour leur production électrique, ou connectées au réseau électrique, mais avec des besoins énergétiques très limités), mais cette année, 38 863 étaient en chantier, montrent les données de Net-Zero Energy Coalition, une organisation du secteur. Cependant, ces chiffres demeurent encore très modeste au regard des 1,2 million de maisons qui sont construites chaque année aux Etats-Unis, et encore plus si l’on prend en compte les 140 millions d’habitations bâties avec les anciennes normes, et qu’il faudra rénover.

Le rythme d’adoption devrait cependant s’accélérer très fortement à partir de 2020. Cette année-là, la Californie exigera que tous les nouveaux immeubles d’au maximum 3 étages et maisons construits sur son territoire soient équipés de panneaux solaires. La même obligation s’appliquera pour les locaux commerciaux à partir de 2030. L’UE s’est donnée le même objectif : d’ici décembre 2020, tous les nouveaux bâtiments édifiés au sein du bloc devront être des NZEB, en vertu de la Directive sur la Performance énergétique des bâtiments.

Grâce à la banalisation qu’induit une telle normalisation, les prix des matériaux et des technologies mis en oeuvre dans les constructions de NZEB, qui déjà ont tendance à baisser rapidement, devraient chuter encore plus vite.

Les constructions sont plus énergivores que l’industrie ou le transport

Les bâtiments sont à l’origine de 40 % de l’énergie totale consommée en Europe et aux Etats-Unis, et sont plus gloutons en énergie que le secteur des transports, ou l’industrie. De même, ils sont également responsables de plus de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. 

Sur le territoire européen, près des 3/4 des logements accusent de mauvaises performances énergétiques, et la rénovation du parc immobilier européen ne progresse qu’au rythme de 0,4 % à 1,2 % par an, en fonction des pays membres. 

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