Politique

Le billet de 500 euros en est à sa dernière impression

Les billets violets de 500 euros ne seront plus imprimés après le 27 janvier. C’est ce que l’on découvre sur le site de la Banque centrale européenne (BCE).

L’Autriche et l’Allemagne font exception, car les deux pays continueront à imprimer jusqu’au 26 avril, pour des raisons logistiques et pour assurer une transition normale, selon la BCE. Les billets de 500 euros en circulation sont bien sûr valables et peuvent donc être utilisés pour le paiement. Cependant, dès qu’un billet atterrira dans les coffres de la Banque nationale, il sera retiré de la circulation.

En mai 2016, la BCE a annoncé qu’aucun nouveau billet de 500 euros ne serait plus mis en circulation d’ici la fin de 2018, « car elle était préoccupée par l’utilisation de ces billets à des fins d’activités illégales ».

Le billet de 500 euros – ainsi que celui de 1 000 francs suisses (887 euros) – est l’une des plus grosses coupures des grandes économies et est souvent associé à des réseaux de criminalité, de travail non déclaré et de terrorisme.

500 euros: le billet de banque préféré des criminels ?

En 2016, Rob Wainwright, qui dirigeait alors le bras européen d’Europol, a déclaré que le billet de 500 euros – parfois surnommé pour cette raison le « Ben Laden », en référence au cerveau du groupe terroriste Al Qaïda – restait l’instrument privilégié des réseaux criminels et terroristes. Les décideurs ont également constaté que la majorité de ces billets se trouvaient en Russie et non dans la zone euro.

Mais si, au moment de l’introduction de l’euro, 13,7 % de la valeur des euros en circulation se présentaient sous la forme de billets de 500 euros, ils ne représentent plus que 2,4 % aujourd’hui, soit 20 % de la valeur totale des euros en circulation. À la fin du mois de novembre, 521 millions de billets de 500 euros étaient en circulation. 

Comment est né le billet de 500 euros?

Le Finlandais Antti Heinonen a dirigé de 1996 à 1998  la sous-commission de l’Institut monétaire européen (IME) – elle-même précurseur de la Banque centrale européenne (BCE) – en charge d’étudier la création des billets en euros. Dans son livre, « The making of the euro »Heinonen relate comment on a décidé de la création d’un « super billet» de 500 euros au sein de la zone euro.

À cette époque, six pays avaient des gros billets de banque d’une valeur faciale supérieure à 200 euros dans leur monnaie: la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Autriche, l’Allemagne et l’Italie. Le billet de 1.000 marks allemand, qui aurait valu environ 510 euros contemporains, était celui qui avait la valeur la plus forte.

Heinonen se souvient que les représentants de ces pays avaient été contrariés lorsqu’on leur avait suggéré que les gros billets permettaient aux économies souterraines de prospérer. Ils arguaient que de nombreuses personnes étaient attachées aux espèces, qu’elles leur faisaient plus confiance qu’aux banques, et qu’elles s’en servaient pour thésauriser leur épargne.

« Nous ne l’aurions pas sauvé sans des billets de 500 euros »

Pour lui, les grosses coupures fonctionnent comme un stabilisateur durant les crises financières. En 2008, après l’effondrement de la banque Lehman Brothers aux Etats-Unis, le public a perdu confiance dans le système bancaire, et de nombreuses personnes se sont présentées aux guichets de leur banque pour obtenir le retrait de leurs économies en espèces, dans la zone euro comme au dehors. «Nous n’aurions pas pu satisfaire leur demande sans les billets de 500 euros », affirme Heinonen.

Il explique que c’est à ce moment que les banques centrales de la zone euro ont décidé d’augmenter leur offre de billets de 500 euros pour parer à l’éventualité de la reproduction de cette situation.

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