Politique

L’armée brésilienne appelée à intervenir pour assurer la sécurité de Rio de Janeiro

Au Brésil, le président Michel Temer a nommé un général de l’armée pour assurer la sécurité de Rio de Janeiro. En effet, cette semaine, pendant le Carnaval, la ville a en effet été confrontée à une vague de criminalité d’une rare intensité. C’est la première fois que l’armée intervient dans ce pays depuis le retour de la démocratie en 1985.

Michel Temer a signé le décret vendredi, et celui-ci devrait entrer en vigueur à la fin de cette année. Le président a évoqué une “mesure extrême” : « Vous savez que le crime organisé a quasiment pris le contrôle de l’État de Rio de Janeiro. C’est une métastase qui se répand dans le pays », a-t-il expliqué dans une allocution télévisée.

Le général Walter Souza Braga, qui avait coordonné la sécurité pendant les JO 2016 de Rio de Janeiro, a donc repris les fonctions de Roberto Sa, le secrétaire à la sécurité de l’État de Rio, qui a donné sa démission après l’annonce du président.

Une ville aux prises avec une extrême violence

La sécurité s’est fortement dégradée à Rio, qui est confrontée depuis l’année dernière à des niveaux d’homicide, d’agressions et de vols inédits sur les 10 dernières années. Le pays a sombré dans une récession profonde, et l’État de Rio de Janeiro n’a pas pu investir dans sa police, ni payer les salaires de certains agents.

En conséquence, des fusillades et des cambriolages se sont produits en masse à Rio pendant le Carnaval. Le nombre de morts violentes par habitant de l’État a grimpé à 40 pour 100 000, son plus haut niveau depuis 2009. Depuis le début de ce mois, on a déjà enregistré 317 fusillades dans les favelas de la ville. Les habitants et les membres des gangs accusent la police d’être de plus en plus brutale, mais selon d’autres, ce serait la crise économique du pays, qui force les gangs dominants à s’affronter pour défendre leurs parts du marché de la drogue, qui serait à l’origine de cette escalade de violence.

Un agenda caché ?

Les élections présidentielles auront lieu en octobre, et les sondages d’opinion montrent que la sécurité est devenue une préoccupation essentielle pour la population, et que celle-ci a le sentiment que la violence criminelle est devenue hors de contrôle.

Mais la mesure de Temer pourrait également avoir un objectif caché : éviter de soumettre au vote du parlement un projet de loi impopulaire sur les retraites. En effet, la loi brésilienne interdit les modifications apportées à la Constitution lorsqu’une intervention militaire est en cours…

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