L’Allemagne, la grande gagnante de la crise de la Grèce

Une étude de L’Institut de Recherche Economique Leibniz indique que l’Allemagne aurait économisé près de 100 milliards d’euros depuis le début de la crise grecque, indique Viriato Soromenho Marques du journal portugais Diário de Notícias.

Les difficultés économiques dans les pays de la périphérie de l’Europe, et en particulier de la Grèce, ont fait des obligations souveraines allemandes des produits refuge très prisés des investisseurs, et la forte demande qui en a résulté a produit une forte baisse des taux d’intérêt dont elles sont assorties. Depuis 2012, l’Allemagne emprunte régulièrement à 6 mois à des taux d’intérêt négatifs. Du coup, l’Etat allemand a réalisé des économies importantes sur ses paiements d’intérêts, de l’ordre de 3% de son PIB. La France et les Pays-Bas ont également bénéficié de cet effet, mais à un degré moindre.

L’étude observe même que cet avantage pour notre voisin du nord lui aurait largement permis d’amortir les conséquences d’une faillite de la Grèce, puisqu’il n’a contribué qu’à hauteur de 90 milliards d’euros pour les prêts d’urgence octroyés à ce pays. 

“Cet examen ne décrit même pas précisément la réalité de la situation, car il ne se concentre que sur le secteur public (alors que le secteur privé allemand s’est arrogé des bénéfices importants grâce à ses avantages concurrentiels)”, écrit le journaliste. “Il s’agit d’une étude de grande qualité qui fait honneur à la science économique allemande et à l’honnêteté intellectuelle de ses auteurs. Combien de temps peut durer une union monétaire quand ses partenaires les plus forts profitent de l’humiliation des plus faibles? Et combien de temps l’Europe pourra-t-elle survivre, alors qu’elle est gouvernée par la propagande et que personne n’a le courage de regarder ce qui s’y passe en réalité?”

 

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