Economie

La Suisse n’est pas un paradis pour les fanatiques d’armes à feu

Le lobby américain desarmes à feu et ses partisans prennent souvent la Suisse commeexemple pour la promotion du secteur. Selon la National Rifle, le puissant lobby pro-armes, ce paysposséderait des règles supposément laxistes, la possession d’armes y serait généralisée tout comme la culture de la chasse ou la pratiquedu tir et le taux de criminalité y serait relativement bas.  

« A la fin du siècledernier, environ 40% des ménages suisses possédaient une arme,généralement un fusil ou pistolet militaire dans un placard.Presque tous les hommes ayant fait leur service militaireconnaissaient les armes légères. Ils gardaient leurs armes à lamaison parce qu’ils devaient renouveler leurs compétences de tirchaque année. »

De nombreux contrôles

« Pourtant, la Suissen’est pas un paradis pour les amateurs des armes à feu »,peut-on lire dans The Economist. « En fait, le pays est un modèle sur leplan des avantages de la restriction de l’utilisation des armes àfeu. Les taux de détention d’armes ont chuté durant le siècleprésent, principalement après que l’armée ait réduit le nombre deconscrits de 80%. Les recrues sont maintenant soumises à descontrôles psychologiques pour éliminer les éléments violents,dépressifs ou criminels. Les soldats peuvent encore stocker desarmes chez eux, mais dorénavant sans munitions. À la fin du servicemilitaire, les personnes doivent maintenant obtenir un permis de lapolice. Par conséquent, on compte moins de demandes de licences. »

24% des Suisses ont une arme

« Même les citoyensqui veulent acheter une arme ont besoin d’une licence de la police »,indique le magazine. « Par ailleurs, des jurys sélectionnent lescandidats aptes à adhérer à un club de tir. Le contrôle de lapossession d’armes repose sur une combinaison de législation etresponsabilité sociale, et selon plusieurs experts, cela fonctionnetrès bien. »

Selon une estimation, en2016, seuls 24% des citoyens suisses possédaient une arme. En outre,seules les personnes âgées fréquentent les clubs de tir.

Un tournant important a eulieu suite au carnage de Zoug en 2001 lorsqu’un homme a perpétré lepire massacre que la Suisse ait connu en abattant 14 élus duparlement de la ville, lit-on encore dans The Economist. Dans un premier temps, celaa incité le pays à imposer des règles plus strictes en matière dedétention d’armes à feu. Ensuite, l’enthousiasme du public pour lesarmes à feu a fortement diminué. Bien que les électeurs aientrejeté, il y a sept ans, une mesure visant à interdire le stockage d’armes à domicile, moins depersonnes le font.

Parallèlement, ladisponibilité réduite des armes a contribué à faire diminuer les tauxde suicides et de meurtres pour lesquels des armes à feu sontutilisées. En 2015, le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme àfeu correspondait à 0,2 pour 100.000 habitants, soit près de 50% demoins qu’à la fin des années 90. Par contre, aux États-Unis, ce taux était de 0,4 durant la même période et il n’apresque pas évolué depuis.

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