Economie

La société chinoise JD peut traiter 200.000 commandes par jour… avec seulement 4 employés

Google a décidé d’investir 550 millions de dollars (environ 475 millions d’euros) dans le numéro 2 du commerce électronique chinois, JD.com. En échange, le géant américain recevra plus de 27 millions d’actions de JD.com, représentant un peu moins de 1% de son capital. Mais cette union vise surtout à établir un partenariat.

JD.com pourra ainsi s’implanter aux États-Unis et en Europe, grâce à Google Shopping. En effet, pendant que des géants américains du commerce de détail comme Amazon et Walmart se battent à l’étranger dans des pays comme l’Inde, leurs homologues chinois, comme JD et Alibaba, se battent aux États-Unis. Le CEO de JD, Richard Liu, veut que sa société réalise la moitié de ses bénéfices à l’étranger au cours de la prochaine décennie.

Une vision futuriste… et déshumanisée du commerce électronique

Pour Google, c’est la porte du commerce électronique chinois qui vient de s’ouvrir, grâce à JD. Cette dernière met les bouchées doubles pour rattraper Alibaba, et les géants du commerce électronique américains, et elle investit massivement dans ce but. Elle vient de se doter d’un gigantesque centre de traitement des commandes à Shanghai, capable de préparer, emballer et expédier 200.000 commandes par jour. Ses effectifs ? Seulement 4 personnes… chargées d’assister des robots.

Ses dirigeants ont expliqué cette semaine qu’ils voulaient créer la première entreprise de livraison de colis capable de livrer un achat commandé avant 11 heures le jour même, presque partout dans le pays. L’automatisation est cruciale pour réduire les coûts, et l’entreprise planche sur les moyens de la maximiser. Les entrepôts dégrouperont les livraisons et prépareront les commandes seuls, et ce sont des camions autonomes et des drones qui devraient assurer les livraisons. L’objectif n’est pas d’éliminer les travailleurs, mais d’être plus rapide et plus fiable, et JD promet que les employés seront affectés à d’autres postes.

Alibaba, le leader du commerce électronique chinois, a également construit un entrepôt entièrement automatisé. Les deux firmes donnent ainsi une vision de la manière dont le commerce de détail sera probablement géré  l’avenir, y compris aux États-Unis et en Europe.

Google étend sa présence dans le commerce électronique

“De Carrefour à Walmart, (Google) la fille d’Alphabet multiplie depuis un an les alliances avec les grands épiciers qui sont autant de chevaux de Troie capables d’ébranler la forteresse Amazon, qui lui a retiré le titre de deuxième capitalisation boursière planétaire, et de contenir la puissance grandissante d’Alibaba”, écrit le journal français Les Echos. “Le moteur de recherche souhaite se préparer à l’essor attendu du commerce par la voix. Selon le cabinet de conseil OC&C, celui-ci pourrait se chiffrer à 40 milliards de dollars (environ 35 milliards d’euros) aux États-Unis et au Royaume-Uni d’ici à 2022, contre seulement 2 milliards en 2017”, ajoute Le Monde.

Au mois de mars, la firme de Mountain View a dévoilé son programme Shopping Actions. Il consiste à permettre aux utilisateurs de Google Search et Google Assistant d’effectuer des recherches d’articles dans les stocks de détaillants affiliés. Lorsque ces articles ont été trouvés, ils peuvent être inclus dans un panier d’achat commun et réglés en un clics grâce aux données de carte bancaire enregistrées dans la base de données de Google. Les utilisateurs reçoivent également des recommandations d’achat personnalisées et peuvent utiliser des programmes de cartes de fidélité de détaillants. Dans le cadre de ce programme. Google avait conclu des partenariats avec les distributeurs américains Walmart, Target, Home Depot et Costco. La nouveauté, c’est que Google se rétribuera non pas grâce à la publicité, mais en prélevant une commission sur les ventes effectuées.

L’énorme potentiel des enceintes connectées en ligne de mire

Aux États-Unis, les ventes d’enceintes connectées ont explosé, et les géants de l’internet comptent bien capitaliser sur le potentiel qu’elles représentent pour le shopping. Ces appareils sont dotés d’un assistant vocal, censé aider les utilisateurs à mener certaines tâches dans leur vie quotidienne, comme prendre des rendez-vous, télécommander d’autres appareils… mais aussi, et surtout, passer des commandes de produits spécifiques auprès de détaillants. Dans ce domaine, Amazon et Google se livrent une guerre sans merci, pour mettre le grappin sur les consommateurs, avec, en perspective, les énormes gains qu’ils pourront tirer des ventes associées.

Sans surprise, Amazon, dont la distribution est le métier de base, a pris de l’avance aux États-Unis, où l’on compte 50 millions d’utilisateurs, soit près d’un adulte américain sur 5. Mais Google grignote ses parts de marché, et étend graduellement sa présence dans le monde du commerce électronique.

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