La règle de la disponibilité ’24H sur 24, 7 jours sur 7′ ne mène nulle part

En améliorant la connectivité, les smartphones donnent l’impression qu’ils développent la productivité, et ils ont favorisé l’institution d’une culture du « toujours accessible », et du 24/7. Mais selon Ndubuisi Ekekwe de la Harvard Business Review, c’est une erreur. Il s’adosse sur les conclusions de Leslie Perlow dans son prochain livre, « Sleeping with Your Smartphone: How to Break the 24-7 Habit and Change the Way You Work », qui donne quelques exemples de l’effet pernicieux des smartphones sur la productivité des entreprises. Au cours d’une expérience, il a contraint ses collaborateurs à abandonner l’usage de leurs appareils une soirée par semaine. Perlow s’est rendu compte que non seulement la qualité de leur vie au travail s’était améliorée, avec 78% d’entre eux qui rapportèrent se sentir satisfaits dans leur travail, contre 49% pour ceux que l’on n’avait pas obligés à couper leur téléphone, mais de plus, que leur productivité avait augmenté. Son expérience démontre que nous avons créé l’impression que le travail exécuté plus rapidement est meilleur, même lorsque cette rapidité n’est pas nécessaire.

L’hyper connectivité a changé la manière de faire des affaires, et l’internationalisation de la concurrence a poussé les entreprises à réagir toujours plus vite pour survivre. Elles ont donc mis en place un système où les clients et les collaborateurs s’attendent toujours à ce que tout le monde soit connecté en permanence, et où le 24/7 est devenu une norme, sans que les bénéfices réels de cette disponibilité permanente aient été calculés. Pourtant, la rapidité n’est pas déterminante pour la survie de la plupart des entreprises, et prendre plus de temps pour réfléchir à une réponse à un problème précis permet de lui trouver une réponse bien plus sophistiquée que les clients apprécieront.

Les entreprises doivent donc redécouvrir les bienfaits de la temporisation et aider leurs employés à débrancher leurs appareils de temps en temps, pour les faire travailler de façon plus intelligente, et pas aveuglément plus rapide. Cette mesure devient d’autant plus cruciale que de plus en plus d’individus se rapportent eux-mêmes dépendants de leur smartphone. Une étude de l’Offcom, le gendarme des télécoms britannique, avait révélé que 60% des adolescents et 37% des adultes s’estimaient « hautement dépendants » de leur smartphone

 

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