Economie

La Pologne veut exempter les jeunes de moins de 26 ans de l’impôt sur le revenu

Le gouvernement polonais a approuvé un projet de loi visant à abolir l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les employés de moins de 26 ans. L’objectif de cette mesure est de mettre un terme à l’émigration des jeunes polonais en Europe occidentale, a expliqué le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

« La priorité du gouvernement est de faire de la Pologne un lieu de plus en plus convivial et agréable pour le travail et la vie des jeunes afin d’améliorer leurs perspectives chaque année », a déclaré le Premier ministre. Ce dernier espère que la loi encouragera les jeunes Polonais vivant en Europe occidentale à rentrer chez eux.

Le Premier ministre a souligné qu’environ 1,5 million de citoyens avaient quitté la Pologne depuis l’adhésion du pays à l’Union européenne, en 2004.

Chômage des jeunes

« C’est comme si tout Varsovie quittait la Pologne. Nous devons attirer les jeunes pour qu’ils reviennent. Au cours des 30 dernières années, la Pologne leur a trop demandé et ne les a pas suffisamment aidés. Les employeurs n’étaient pas prêts augmenter les salaires de leurs jeunes travailleurs. Nous le faisons donc en supprimant l’impôt sur le revenu », a ajouté Morawiecki.

Selon le Premier ministre, l’intervention doit pouvoir offrir aux jeunes polonais les mêmes conditions de vie qu’à l’ouest. En vertu de cette nouvelle loi, les citoyens polonais âgés de moins de vingt-six ans seraient exemptés de l’impôt sur le revenu. Seule condition : leur revenu annuel doit être inférieur à 85.528 zlotys polonais ou 20.072 euros.

« Réduire les coûts liés à l’emploi de personnes disposant de salaires relativement bas permettra aux jeunes d’arriver plus facilement sur le marché du travail et aux personnes qui travaillent à l’écart de revenir sur le marché du travail traditionnel. Cela contribuera également à accroître la participation des jeunes à la population active et à réduire le chômage dans cette tranche d’âge », a déclaré le ministère polonais des Finances, Marian Banaś.

Ces mesures devraient bénéficier à environ 2 millions de personnes et coûteraient environ 2,5 milliards de zlotys, soit environ 590 millions d’euros. Cependant, les jeunes entrepreneurs ayant leur propre entreprise sont exclus. Selon Joanna Narkiewicz-Tarlowska, chef de la division de l’impôt des particuliers chez PwC à Varsovie, cette mesure aiderait à remédier aux pénuries de main-d’œuvre.

« La Pologne souffre d’un manque de main-d’œuvre. Nous sommes obligés d’importer des travailleurs de l’étranger. Cette mesure encouragerait les jeunes à travailler légalement au lieu de rester dans le secteur informel ou d’aller à l’étranger. Les coûts sont élevés, mais notre marché du travail en a besoin », a-t-elle déclaré.

Pénurie de main-d’œuvre

La Pologne a connu une forte croissance économique sur une période de quatre ans. Cela a suscité une inquiétude croissante concernant la pénurie de main-d’œuvre chez les employeurs. Les entreprises polonaises sont devenues de plus en plus dépendantes des travailleurs migrants, principalement ukrainiens et biélorusses.

L’année dernière, la Pologne a délivré le plus grand nombre de permis de séjour à des citoyens non européens dans l’ensemble de l’UE.

Les allégements fiscaux accordés aux jeunes Polonais avaient été promis cette année par Jaroslaw Kaczynski, chef du parti au pouvoir, Prawo i Sprawiedliwość (Droit et Justice).

Le programme du parti comprend également une extension des allocations familiales, des pensions plus élevées, une pression fiscale moins lourde et de meilleurs transports en commun. Selon les calculs du gouvernement, le coût des réformes s’élèverait à 42 milliards de zlotys.

Selon le Financial Times, ces promesses ont aidé le parti à remporter les récentes élections européennes avec une large majorité de 45%.

Certains députés de l’opposition ont accusé le gouvernement d’avoir tenté de corrompre des électeurs. Ryszard Petru, député libéral, a qualifié le projet de loi de « populisme rusé ».

Iga Magda, analyste à l’Institut polonais pour la recherche structurelle, a déclaré que la loi était introduite à la hâte et qu’il existait des obstacles plus importants pour les jeunes entrant sur le marché du travail.

« Le véritable problème réside principalement dans les qualifications inadaptées et, en particulier chez les femmes, dans le soutien insuffisant de l’État pour concilier travail et vie familiale, telles que le manque de crèches et de jardins d’enfants. Du point de vue du marché du travail, il serait plus logique d’investir dans des solutions à long terme pour résoudre ces problèmes », a-t-elle déclaré.

Les projets de loi doivent maintenant être approuvés par le Parlement polonais. Ces mesures devraient vraisemblablement être adoptées étant donné que Prawo i Sprawiedliwość a la majorité au Parlement.

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