Economie

La Pologne n’aime pas les immigrés mais en a besoin

Les coursiers Uber Etatsconstituent une fraction infirme de la population polonaise.Cependant, comme ils parcourent la ville à vélo ou jouent aucricket dans le parc du pôle Mokotowskie, ils sont devenus l’undes exemples les plus visibles de l’évolution de la Pologne, écritle journal économique britannique Financial Times.  

La Pologne a fortementévolué, écrit le Financial Times.

« Un boom économiqueprolongé et les premiers stades du déclin de la population ontconduit le chômage en Pologne à un niveau particulièrement bas. Letaux de chômage a atteint 3,5%, ce qui signifie que des pénuries demain-d’œuvre émergent dans l’économie, avec des postesvacants dans des secteurs allant des technologies de l’informationà la construction. Dans ce contexte, et avec le faible coût de lavie, la Pologne, longtemps source d’émigrants, attire de plus enplus d’immigrés. »

Ukrainiens

« Jusqu’à présent,la grande majorité des lacunes du marché du travail ont étécomblées par les Ukrainiens, qui ont reçu l’an dernier 1,7 million permis de travail en Pologne. Mais à une bien moindreéchelle, la Pologne a également commencé à attirer des migrantsen provenance d’Asie. Il s’agit d’un développement remarquabledans un pays qui a longtemps été l’un des pays les plus homogènessur le plan ethnique et dont les dirigeants s’opposent avecvéhémence aux réfugiés syriens.

Selon Maciej Witucki,directeur général du service de recrutement Work Service, les pénuries sur lemarché du travail polonais ne peuvent plus être combléesuniquement par les Ukrainiens. De plus en plus d’entreprisespolonaises en Asie tentent maintenant de recruter des employés,explique Witucki.

Selon le Financial Times,on ne connaît pas exactement le nombre de travailleurs d’Asieprésents en Pologne. En effet, les coursiers d’Uber Eats sont despigistes qui ne sont pas officiellement inscrits sur les listes de lamain-d’œuvre.

Aucune donnée concrèten’est disponible sur les différentes nationalités recrutées. Uncertain nombre de sources ont déclaré au Financial Times que lesimmigrants venaient principalement d’Inde, mais également duPakistan, du Népal et d’Ouzbékistan.

Mécontentement

La plupart destravailleurs étrangers ont entendu parler des opportunités enPologne grâce au bouche à oreille. La main-d’œuvre indienne estprincipalement constituée d’étudiants universitaires qui combinentleur formation avec un emploi temporaire.

Dans un pays qui a peud’histoire de l’immigration non européenne – à l’exceptiond’une petite communauté vietnamienne issue de l’ère communistede la Pologne – tout le monde n’a pas accueilli les nouveauxarrivants avec enthousiasme.

« Ces immigrants nejouent aucun rôle économique crucial », soulève KrzysztofBosak, un politicien du parti d’extrême droite Ruch Narodowy. « Sichaque citoyen polonais faisait ses propres achats dans les magasins,il n’y aurait pas besoin de commandes de repas. »

Krystyna Pawlowicz, unepoliticienne d’extrême droite du parti au pouvoir Prawo iSprawiedliwosc (PiS), a souligné que les électeurs observant lesrues de la Pologne se sentaient trompés, mal informés et irrités. 

Un certain nombre decoursiers asiatiques d’Uber Eats ont déclaré avoir été harcelésdans la rue. Certains Polonais en état d’ivresse les agressent verbalement. Toutefois, en général, les employés étrangers se disentbien traités.

Selon Maciej Witucki,cependant, l’afflux de travailleurs indiens et vietnamiens restera àun niveau modeste pour le moment. « Cependant, cela pourraitchanger à l’avenir », a déclaré le directeur général de WorkService.

Cinquante-neuf pour centdes Ukrainiens interrogés en Pologne ont déclaré qu’ilsdéménageraient en Allemagne si l’Allemagne ouvrait son marché. Dans ce cas, laPologne sera obligée d’attirer en masse des immigrants d’Asie,conclut Financial Times.  

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