Economie

La Grande-Bretagne séduit de moins en moins les Européens

Une tendance qui s'observe également sur LinkedIn

Etant donné l’approche du Brexit, de moins en moins d’Européens envisagent une carrière en Grande-Bretagne, indique le magazine The Economist. Cette constatation est basée non seulement sur des statistiques officielles, mais également sur les données du réseau social professionnel LinkedIn.

Les entrepreneurs britanniques ont de plus en plus de difficultés à recruter des travailleurs européens qualifiés. Les négociations chaotiques au sujet de la relation future en la Grande-Bretagne et l’Union européenne et une rhétorique politique hostile rendent de plus en plus difficile le recrutement à l’étranger.

Selon les sondages menés auprès des passagers des aéroports, 74.000 expatriés se sont installés en Grande-Bretagne l’année dernière. Avant le référendum sur le Brexit de juin 2016, la Grande-Bretagne comptait 189.000 immigrés expatriés.

LinkedIn

Toutefois, ces chiffres ne font aucune distinction entre travailleurs qualifiés et non-qualifiés. Une autre approche consiste à examiner les données compilées sur le réseau social professionnel LinkedIn.

Les chiffres de ce réseau montrent également un net déclin de l’intérêt pour le marché du travail britannique. En 2016, 15% des expatriés potentiels avaient montré un intérêt pour un emploi à Londres. Depuis lors, cette proportion est tombée à 12,6%. Des villes européennes rivales, comme Amsterdam, Paris et Berlin, ont toutes accru leur part de recherche d’emploi pour compenser le déclin de Londres.

La Grande-Bretagne a perdu sa « part de marché » de l’immigration de travailleurs qualifiés. En 2018, le pays a attiré 20,8% des mouvements intra-européens, contre 23,6% en 2016.

Mais on ne peut pas dire que les Européens ont tourné le dos à Londres. Londres reste la destination la plus populaire pour les expatriés à la recherche d’un emploi.

Depuis 2016, 19% d’expatriés d’autres Etats membres de l’UE se sont installés en Allemagne, contre 29% aux Pays-Bas et 21% en France. La Grande-Bretagne a réalisé un gain net de 1% sur cette période.

Tisserands

Toutefois, la Grande-Bretagne continue d’attirer des travailleurs de l’extérieur de l’UE. Mais son attrait relatif a également diminué à cet égard. Entre 2016 et 2018, le nombre de membres de LinkedIn résidant en dehors de l’UE qui ont déménagé en Grande-Bretagne a augmenté de 17%. L’Allemagne, la France et les Pays-Bas ont tous réalisé une augmentation en pourcentage deux fois plus importante.

Le gouvernement britannique souhaite une immigration globale plus faible. Mais en même temps, il veut attirer des travailleurs qualifiés.

« Mais les Européens peuvent choisir de rester dans l’Union européenne, où ils bénéficient des avantages de la libre circulation, plutôt que de risquer de compter sur l’hospitalité d’un gouvernement britannique dans un environnement politique fébrile », précise The Economist.

Il ne serait donc pas étonnant que les futures données de LinkedIn montrent une nouvelle dégradation de l’attrait de la Grande-Bretagne pour les Européens qualifiés.

« Et ce serait regrettable, car le pays bénéficie depuis longtemps de la migration européenne, qu’il s’agisse des tisserands flamands du XIVe siècle ou des huguenots qui ont constitué 10% du capital de base de la Banque d’Angleterre. »

« Londres est devenue une ville beaucoup plus cosmopolite et attrayante après des décennies d’immigration européenne », conclut le magazine.

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