Politique

La France a inscrit plus d’individus dans un fichier de sécurité européen que tous les autres États membres réunis

La France a recensé plus de 78 000 individus commeposant des menaces de sécurité dans la base de données Schengen en 2017. C’estun chiffre supérieur à celui des autres États membres réunis. Selon un députéallemand, ce nombre élevé témoigne d’un abus du système par les forces depolice françaises.

Le système d’information Schengen (SIS), géré par lespolices des États membres, est une base de données essentielle qui leur permet de s’échanger des informations concernant les résidentsles plus dangereux dans chaque nation du bloc. Indépendante de la base dedonnées Europol, elle est aussi beaucoup plus utilisée que cette dernière, et l’annéedernière, elle a été consultée 5 milliards de fois. En particulier, elle permetà la police et aux autorités judiciaires de vérifier en un clin d’œil si unepersonne est recherchée ou manquante, si une voiture est volée, et si une armeest légale, par exemple.

Depuis les attaques terroristes survenues en France et enBelgique en 2015 et 2016, le nombre de personnes inscrites dans ce fichier estpassé de 69 475 à 134 662 l’année dernière.

Des « surveillances discrètes »

La législation européenne permet également de marquer certainsde ces individus pour permettre des « surveillances discrètes ». Ainsi, chaquefois que ces personnes seront stoppées par des forces de l’ordre quelque parten Europe pour des raisons aussi variées que le franchissement d’une frontière,ou le passage à un feu rouge, cette observation sera notifiée à leurshomologues des autres nations membres. Le pays à l’origine de l’inscriptionpeut également demander que d’autres mesures soient prises, et même, que l’onprocède à leur arrestation immédiate.

Ainsi, la France a réclamé 78 629 « surveillancesdiscrètes », ce qui représente 60 % du total. Le second pays demandeur est le Royaume-Uni(un pays qui dispose d’une population équivalente à celle de la France), avec16 991 inscriptions. En revanche, l’Allemagne, qui compte plus de 80millions d’habitants, n’a répertorié « que » 4285 personnes.

À la fin de l’année dernière, Laurent Nuñez, qui dirige lesservices de renseignement français, avait indiqué que la France avaitenregistré 18 000 personnes soupçonnées d’être des terroristes, dont 4000 sontconsidérées comme étant très dangereuses. Néanmoins, le ministère de l’Intérieurfrançais n’a pas souhaité indiquer quelles était les critères aboutissant à une « surveillance discrète ».

Des abus ?

Un député allemand, Andrej Hunko, se pose donc la question del’existence d’abus éventuels de ce système, étant donné les grandes variationsdu nombre d’individus recensés en fonction des pays, qui laisse à penser queles critères sont très variables d’une nation à l’autre. « Le nombre desnouvelles alertes ne peut s’expliquer par la seule menace du terrorismeislamiste. Europol a rapporté un nombre de combattants étrangers confirmés à 4chiffres, alors que les nouvelles inscriptions effectuées dans le système SISen 2017 se montent à plusieurs fois ce chiffre », note-t-il. 

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