Economie

La faim accable les travailleurs du secteur pétrolier vénézuélien

La production de pétroledevrait empêcher le Venezuela de sombrer économiquement. Cependant,même dans ce secteur, l’activité a chuté à son niveau le plus bas. La compagnie pétrolière vénézuélienne Petroleos deVenezuela, propriété de l’Etat (PdVSA), ne peut plus fonctionnercorrectement. 

L’entreprise, pivotéconomique du Venezuela, voit sa production diminuer à cause dumanque de ressources financières pour l’entretien et lesréparations. Par ailleurs, Petroleos doit également faire face àune pénurie d’employés. Cependant, un autre problème accablemaintenant l’entreprise : la faim parmi ses effectifs, rapporte World Oil

Beaucoup de travailleurssont actuellement mal nourris et n’ont plus la force de travailler.

Corruption

« Pour de nombreuxemployés, la recherche de nourriture pour leur famille est devenueplus importante que le travail », expliquaient les porte-paroles dessyndicats vénézuéliens à la fin du mois de février. « Beaucoup d’employés démissionnentdonc ou s’absentent. L’absentéisme et les démissions de masse fonten sorte qu’il reste peu de personnes pour produire le pétrole quipermet à l’économie déchirée de continuer à fonctionner ». 

Il y a seize ans, laproduction de Petroleos atteignait un niveau record de 3,3 millionsde barils par jour, contre 1,77 million de barils au début de cetteannée.

Les problèmes àPetroleos ont commencé lorsque des gestionnaires compétents ont étéremplacés par des fidèles du gouvernement socialiste et lorsque desrevenus ont été canalisés vers des projets secondaires et verstoutes sortes d’activités de corruption. Finalement, il n’y a pluseu assez d’argent pour maintenir le fonctionnement et l’entretienconformes aux normes.

L’entreprise sembleégalement être dans l’incapacité d’embaucher suffisammentd’employés. Cette situation se devrait principalement au manque denourriture parmi la population. À cause de cette pénurie d’aliments,de nombreux Vénézuéliens ne sont plus en mesure de travailler.Selon une étude réalisée par trois universités du Venezuela, l’habitant moyena perdu 12,5 kg en 2017. Plus de 61% des répondants ont égalementaffirmé qu’ils avaient dû rester au lit affamés au cours des troisderniers mois.

Selon un dirigeantsyndical de PDVSA, dans l’Etat de Zulia, 12 travailleurssous-alimentés se se sont effondrés en novembre et ont dû êtreécartés des plate-formes de forage.

Travail de rêve

Pendant des décennies,Petroleos était un travail de rêve. L’entreprise fournissait auxtravailleurs des emplois financièrement et socialement intéressantset leur offrait également de bons repas dans ses restaurants. De nos jours, tout cela a disparu.

De nombreux employés sontpartis travailler en tant que chauffeurs de taxi, plombiers oufermiers. Alors que certains luttent pour rester autant qu’ils lepeuvent, d’autres préfèrent émigrer. Sur les murs d’un bureaudes ressources humaines, un panneau indique que la limite desdémissions est fixée à cinq par jour.

« La direction retientles travailleurs afin de stopper la fuite des cerveaux », aexpliqué José Bodas, secrétaire général de la Fédérationunitaire des travailleurs du pétrole vénézuélien

Dans la raffinerie dePuerto La Cruz, cinq cents employés ont démissionné au cours des douzederniers mois.

En raison del’effondrement de l’économie vénézuélienne, de nombreux habitantsruraux du pays doivent se contenter d’un régime alimentaire d’àpeine 400 calories par jour. Selon les scientifiques de l’Universitécentrale du Venezuela, l’autorité sanitaire recommande un minimum de2.300 calories par jour. Selon John Hoddinott, nutritionniste àl’Université Cornell, au moins 3.600 calories par jour sontnécessaires pour effectuer un travail pénible.

Les employés impliquésrisquent d’être affaiblis pour pouvoir intervenir rapidement et efficacementen cas d’urgence, de sorte que le risque d’accident augmente, ontexpliqué les chercheurs. En raison de l’absentéisme croissant, lesemployés restants ont également moins de temps pour récupérer.

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