Economie

La Deutsche Bank renonce à être l’une des grandes banques de Wall Street

La Deutsche Bank a décidé de jeter l’éponge sur une grande partie de ses activités aux États-Unis et en Asie. Mercredi, elle a notifié leur licenciement à 300 personnes de ses effectifs américains. Plus tard dans la journée, la banque a annoncé qu’une centaine d’autres postes serait supprimés à la fin de la semaine.

Ces licenciements coïncident avec l’arrivée de Christian Sewing, arrivé aux commandes de la banque allemande il y a 3 semaines. Ce dernier a laissé entendre qu’il s’agissait des prémices d’une vaste restructuration qu’il avait initiée : « Nous ne sommes pas assez forts dans certains domaines. De ce fait, nous devons agir de façon décisive et ajuster notre stratégie. Il n’y a pas de temps à perdre, car les rendements actuels pour nos actionnaires ne sont pas acceptables ».

Réduction de la voilure aux États-Unis

Aux États-Unis, la Deutsche Bank emploie actuellement environ 10 000 salariés. Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, plus d’un millier de postes pourraient être supprimés au total dans ce pays.

Sewing a également annoncé que la banque allait procéder à son retrait des activités de banque d’investissement aux États-Unis, faute d’avantage compétitif durable sur ce secteur.

La banque renonce donc à devenir l’une des grandes banques d’affaires de Wall Street, et plus généralement à son objectif de devenir une banque d’investissement mondiale, qu’elle avait poursuivi pendant près de 20 ans.

Elle abandonne ses activités dans les opérations sur taux, le trading d’actions et les Hedge funds pour recentrer sur l’Europe, et ses activités dans le domaine de la banque de détail et de la gestion d’actifs, qui devraient représenter 50 % de son chiffre d’affaires d’ici les 3 prochaines années. Sewing a indiqué qu’elle voulait devenir moins dépendante de ses activités de banque d’investissement, et s’attacher à développer ses affaires sur des marchés de croissance, comme l’Espagne ou l’Italie.

Des résultats financiers désastreux

Les derniers résultats financiers ont été désastreux. Le groupe a présenté un  résultat de 120 millions d’euros sur 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 300 millions d’euros attendus, ce qui implique une baisse de 79 % de ses bénéfices. Il n’a pas présenté de résultat positif annuel depuis 2014, et depuis le mois de décembre, le titre a chuté de 30 % en bourse.

En outre, la Deutsche Bank a été pendant longtemps engagée en permanence dans toutes sortes de scandales mafieux : elle est partie prenante dans plusieurs milliers de procès à travers le monde. La plupart portent sur des suspicions de fraude sur des taux d’intérêt ou la manipulation des taux de change.

Une banque systémique

La Banque Centrale Européenne lui a demandé de calculer le coût d’une réduction de la masse de produits dérivés qui figurent à son bilan. En 2016, le montant cumulé de ces contrats représentaient 20 fois le PIB allemand en valeur.

La Deutsche Bank est une banque « systémique », ce qui signifie que sa faillite pourrait causer de graves problèmes qui se répercuteraient sur tout le système économique. 

Show More
Close
Close