La Chine commencerait-elle à prendre au sérieux le changement climatique?

Les gouvernements de pays des quatre coins du monde vont se rencontrer lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris, du 30 novembre au 11 décembre, afin d’aborder le changement climatique de manière unanime. Alors que la Conférence se rapproche, beaucoup espèrent un avancement commun, ce qui n’avait pas pu être atteint lors du dernier sommet, en 2009, à Copenhague.

Miguel Arias Cañete, le commissaire européen au Climat et à l’Energie, est optimiste, car la plupart des états ont déjà publié leur plan de maîtrise des émissions de CO2. En octobre, Cañete déclarait à la BBC : « Il y a vraiment beaucoup de raisons d’être enthousiaste. Le fait que, jusqu’à présent, 149 pays aient présenté aux Nations Unies leurs engagements contre le réchauffement climatique est incroyable. Le plus important est que ces engagements ne sont pas que des chiffres ou des buts ; cela montre que les pays développent des politiques climatiques de manière très complète. »

La Chine, en particulier, a fait considérablement progresser la lutte contre le changement climatique mondial, dans le cadre de sa nouvelle réforme de « civilisation écologique ». La Chine entend atteindre le sommet de ses émissions de CO2 vers 2030 et réduire ces émissions, pour 2030, par unité de PIB de 60 à 65%, par rapport à leur importance en 2005. Cela se passe au moment où la Chine vient de construire une toute nouvelle stratégie nationale dans ses politiques d’environnement et de croissance « verte », qui doit encore être révélée dans son entièreté.

Laurence Brahm, conseiller au Ministère de la Protection de l’Environnement en Chine et auteur de Fusion Economics: How Pragmatism Is Changing the World, explique qu’en Chine, c’est la volonté politique qui importe. Le secteur bancaire chinois voit les énergies renouvelables et d’autres technologies vertes comme d’énormes opportunités d’investissement, et le plus haut niveau politique vient d’adhérer au changement. « Pour le gouvernement communiste, un environnement propre et une réduction de l’empreinte carbone sont dans son propre intérêt. Pour le reste de la Chine capitaliste, c’est une opportunité pour les affaires. C’est là que l’économie de fusion intervient, » affirme Brahm. La nouvelle politique chinoise de civilisation écologique nécessite un rééquilibre de la croissance ainsi que des investissements colossaux dans la technologie, l’innovation, les infrastructures, les énergies renouvelables productives, la conservation de l’eau et le recyclage.

Brahm est l’architecte-en-chef de la nouvelle stratégie pour l’environnement de la Chine et il croit fermement qu’il y a un lien fort entre l’économie, la finance, l’environnement et le changement climatique. En 1996, Brahm avait suscité la critique alors qu’il prédisait, à juste titre, que la Chine deviendrait la plus grosse économie au monde. Il prévoit maintenant un futur où les institutions de Bretton Woods, la Banque Mondiale et le FMI, ne seront plus aussi prédominants. Dans l’immédiat, il voit se dessiner deux univers parallèles : le système de réserves de change des occidentaux, et le système des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), principalement basé sur la monnaie chinoise, le yuan.

Invité par Full Circle, Laurence Brahm sera à Bruxelles ce mardi 10 novembre pour présenter son dernier livre, parler de l’économie « verte » et proposer un nouveau consensus. Plus d’informations sur : https://laurencebrahm-eveningtalk.eventbrite.com

 

 

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