Economie

Que faire de l’eau radioactive de la centrale nucléaire de Fukushima ?

Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), la compagnie d’électricité qui exploite la centrale nucléaire de Fukushima, ravagée par un tsunami en 2011, a annoncé que d’ici trois ans, elle allait manquer d’espace pour le stockage de grandes quantités d’eau radioactive. L’opérateur a exhorté le gouvernement et l’opinion publique à parvenir à un consensus afin de savoir que faire de cette eau contaminée.

Il y près de huit ans et demi, lors du tremblement de terre et du tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon, trois réacteurs de la centrale de Fukushima se sont effondrés. L’eau radioactive s’est échappée des réacteurs endommagés et s’est mélangée à de l’eau souterraine et à de l’eau de pluie. Bien que traitée, cette eau est encore légèrement radioactive et stockée dans de grands réservoirs.

Manque d’espace

L’usine a accumulé plus d’un million de tonnes d’eau dans près de 1.000 réservoirs. L’opérateur TEPCO a annoncé qu’il allait construire davantage de réservoirs. Toutefois, il ne sera possible de contenir que 1,37 million de tonnes d’eau, volume qui devrait être atteint d’ici 2022.

Les autorités doivent encore se mettre d’accord sur que faire de l’eau radioactive. Un groupe d’experts commandité par le gouvernement a défini cinq solutions. Selon les experts et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’option la plus réaliste serait la libération contrôlée de l’eau dans l’océan Pacifique. Cependant, les pêcheurs et les habitants s’opposent à cette alternative qui, selon eux, serait un suicide pour la pêche et l’agriculture de la région.

Par ailleurs, les experts ont expliqué que les réservoirs présentaient des risques d’inondation et de radiation, ce qui entrave les efforts du gouvernement pour le déclassement de la centrale. TEPCO et les autorités gouvernementales envisagent de commencer à retirer le combustible fondu en 2021 et souhaitent libérer une partie du complexe actuellement occupé par des réservoirs afin de construire des installations de stockage sûres pour les débris fondus et autres contaminants qui en sortiront.

Autres options

Outre quatre autres options, dont notamment l’injection souterraine et la vaporisation de l’eau radioactive, le panel d’experts a indiqué que le stockage à long terme était une sixième possibilité à envisager. Dès lors, plusieurs membres de ce groupe ont exhorté TEPCO à utiliser des terrains supplémentaires pour la construction d’autres réservoirs au cas où il n’y aurait pas de consensus dans un délai relativement court.

Le porte-parole de TEPCO, Junichi Matsumoto, a déclaré que les contaminants provenant des travaux de déclassement devraient rester dans le complexe de la centrale. Selon lui, le stockage à long terme réduirait progressivement les radiations en raison de sa demi-vie, à savoir le temps nécessaire pour que la moitié des noyaux radioactifs se désintègrent. Toutefois, cette option retarderait les travaux de déclassement, car les installations nécessaires ne pourront être construites tant que les réservoirs n’auront pas été enlevés.

Pas de date précise

Matsumoto n’a pas précisé de date limite en ce qui concerne l’utilisation de l’eau radioactive. Toutefois, il espère que le gouvernement mènera le débat public.

Certains experts ont déclaré que la priorité devrait être accordée aux sentiments des résidents, et non aux avancées du déclassement.

« Lorsque nous parlons de la reconstruction de Fukushima, la question est de savoir si nous devons donner la priorité au déclassement au détriment de la vie des habitants de Fukushima », a déclaré Naoya Sekiya, professeur de sciences sociales spécialisé en catastrophes à l’Université de Tokyo. « L’enjeu n’est pas que scientifique. »

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