La Belgique serait le pays européen qui fournit le plus de recrues à l’Etat islamique par habitant

Un recruteur de l’Etat islamique qui réussit à faire partir des volontaires étrangers en Syrie ou en en Irak afin de combattre dans les rangs du groupe terroriste touche de 1.000 à 9.000 euros, constate un rapport d’experts de l’ONU en visite en Belgique la semaine dernière. Dans notre pays, depuis 2010, le nombre de recrues belges parties combattre aux côtés des djihadistes tourne autour des 500, rapporte la VRT.

« Le nombre de combattants belges à l’étranger par habitant, qui voyagent pour rejoindre les zones de conflit à l’étranger, comme la Syrie et l’Irak, semble être le plus élevé d’Europe », a expliqué l’avocate polonaise Elzbieta Karska, experte des droits de l’homme qui dirige actuellement le groupe d’experts de l’ONU.

Parmi les 500 Belges partis combattre en Syrie ou en Irak, 77 sont décédés, 128 ont été rapatriés et 62 ont été interceptés. En outre, 46 combattants étrangers ont fait l’objet de poursuites. Toutes les recrues étaient en relation avec le groupe Sharia4Belgium, ajoutent les experts.   

Selon le rapport, le recrutement s’effectue par le biais de vastes réseaux informels d’amis et de membres de la famille, ainsi que par les médias sociaux. Les amis et les membres de la famille qui se trouvent en Syrie sont payés en fonction du nombre de personnes recrutées et si leurs recrues se marient ensuite. Cette situation fait suite aux vagues précédentes de 2010, associées à Sharia4Belgium, et de 2012, via le recrutement de pairs.

« Les profils des combattants étrangers sont variés, avec un âge moyen se situant aux alentours de 23 ans, une moyenne qui est en baisse », a expliqué Elzbieta Karska. « Les femmes sont également de plus en plus nombreuses à partir. »

Les recruteurs sont rémunérés de 2.000 ou 3.000 dollars à 10.000 dollars, selon la personne recrutée et ses capacités. Si la personne possède un haut niveau d’éducation, comme un informaticien ou un médecin, les recruteurs sont payés davantage, a ajouté l’experte.

La Belgique va devoir développer une vision nationale et un plan d’actions inclusives sur la question des combattants étrangers aux niveaux fédéral, régional, communautaire et local, estime le groupe de travail des Nations unies sur le recours aux mercenaires. « Sinon, la menace qui pèse sur le pays est significative ». 

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