La 5e colonne d’Erdogan ? « Je réclame la peine de mort » est devenu tendance… en Belgique

Dans plusieurs villes belges, néerlandaises, allemandes et autrichiennes, des Turcs ont manifesté dans les rues pour montrer leur soutien  au président Tayyep Recep Erdogan après l’échec de la tentative de coup d’Etat d’un groupe de militaires en Turquie. Ils ont accusé les partisans de Fethullah Gülen – un adversaire du régime en exil – d’avoir organisé ce putsch. Qu’il n’y ait aucune preuve pour le moment de cela – Gülen affirme de son côté que c’est le président lui-même qui aurait ourdi ce putsch pour pouvoir museler librement ses opposants – n’a pas empêché les Turcs belges et néerlandais de descendre dans la rue pour exprimer leur soutien au régime Erdogan.A Beringen dans le Limbourg, ils ont manifesté pendant deux nuits consécutives, sans répit. A Rotterdam, les manifestants ont menacé un cameraman de NOS, l’accusant de ne “colporter que des mensonges”.Elsevier.nl :“[…] Le grand journaliste [allemand] Hugo Müller-Vogg a écrit sur Twitter que les manifestations étaient « la preuve que l’intégration avait massivement échoué”.Dans le journal économique allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten, des experts en sécurité disent que les manifestations montrent que Erdogan a le pouvoir de mobiliser rapidement ses partisans en Allemagne. Cela comporte des risques, en partie parce que cela pourrait aussi accroître les tensions liées au conflit turco-kurde en Europe”.

Dans  De Dagelijkse Standaard, Tim Engelbart se pose aussi la question de l’intégration de ces manifestants :« On peut se demander si cette notion de “Hollandais turc” existe vraiment. Car les images d’hier racontent une histoire différente : ce sont des Turcs qui habitent depuis plusieurs générations aux Pays-Bas, et il n’est pas facile de les distinguer des autres. Ils se croient vivre en permanence dans une petite Turquie aux Pays-Bas.Une évolution inquiétante car elle suggère une chose que presque personne n’ose dire à haute voix : non seulement l’intégration a totalement échoué, mais il n’y a aucun espoir qu’elle réussisse à l’avenir. Ces gens parlent, respirent, et mangent complètement turc. Et ce, après plusieurs générations : comment voulez-vous en faire des Néerlandais modèles ?

Sur Doorbraak.be, Daniel Walraeve se pose la question des convictions de ses manifestants. “La lutte pour le pouvoir en Turquie ne nous regarde pas. Que des Turcs soient maintenant supprimés par une junte militaire ou un potentat islamiste : c’est avant tout leur propre problème. Ce qui devrait nous causer une grande préoccupation est le fait qu’une grande partie de “nos Turcs” s’enthousiasme pour un tyran étranger. Sous le couvert de la “résistance contre un coup d’État” une partie de nos voisins soutient directement un autocrate meurtrier.

Les manifestants progressistes, bien sûr, restent aveugle au cancer autoritaire dans la communauté turque. Des émeutes comme celles de Beringen sont couvertes par le manteau de l’amour multiculturel. Pourtant, cela pose un grand problème, qui dépasse les quelques centaines de manifestants de vendredi. Ainsi, le lendemain du coup d’Etat manqué en Turquie, le hashtag # Idamistiyorumest devenu tendance dans la Twittosphère belge (!). C’est l’équivalent turc pour “Je réclame la peine de mort”.

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