Politique

Kris Peeters (CD & V) se met en scène une dernière fois en tant que ministre du Travail

Kris Peeters (CD&V) se met une dernière fois en scène en tant que ministre du Travail. Le CD&V revendique le succès des plus de 200 000 emplois créés sous ce gouvernement. Mais son choix est un peu étrange : il élabore ses propres projets de réforme des allocations de chômage, sans consulter ses collègues. Elle porte sur la dernière partie du jobsdeal, qui n’a jamais abouti. 

Ce fut certainement une victoire difficile pour Open Vld et N-VA, la réforme des allocations de chômage de l’accord sur le travail. Le gouvernement l’a bouclée pendant l’été et a dû continuer à préparer la Belgique aux réformes du marché du travail.

Ces prestations avaient fait l’objet d’un litige sérieux. La N-VA et Open Vld voulaient faire en sorte que le chômage ne puisse plus durer indéfiniment. C’est devenu un point très symbolique : La Belgique est l’un des rares pays d’Europe où le versement des prestations est maintenu. Dans la plupart des autres pays, cet avantage cesse à un moment donné et la personne doit alors se tourner vers un autre filet de sécurité sociale, tel que le CPAS.

La droite au sein du gouvernement a insisté pour que les choses changent et en fin de compte, pendant un certain temps, le CD&V s’est montré prêt à aller de l’avant. Non pas pour mettre fin à l’indemnité, mais pour se concentrer davantage sur « plus actif » ou « dégressif ». En d’autres termes : plus le chômage dure longtemps, moins une personne perçoit de prestations élevées.

Le Vice-Premier Ministre et Ministre du Travail Kris Peeters (CD&V) s’est à nouveau trouvé diamétralement opposé à ses collègues Jan Jambon (N-VA) et Alexander De Croo (Open Vld). Parce que Peeters s’est montré peu prolixe sur la manière dont il voulait mettre en œuvre précisément cette partie du jobsdeal. Les partenaires de la coalition craignaient qu’après un long délai, ils aient à avaler à nouveau une version édulcorée, une technique que le cabinet Peeters a systématiquement appliquée lors de la précédente législature.

Finalement, le gouvernement a chuté et aucun de ces plans n’a abouti. La N-VA a exhorté l’opposition à mettre en œuvre l’accord sur le travail. C’était sa monnaie d’échange pour le soutien du gouvernement Michel II. Mais ce plan a également été annulé.

Les nouveaux projets de Peeters

Maintenant, à six semaines des élections, Peeters est encore en train d’élaborer des plans pour le chômage. Il a transmis la proposition à De Standaard, sans qu’elle ait été discutée au sein du gouvernement. Il s’agit donc davantage d’une proposition électorale que d’une véritable initiative gouvernementale. Le gouvernement n’a pas la majorité à la Chambre et même Open Vld et le Premier ministre n’ont pas été consultés.

Peeters va donc se tourner vers la gauche : dans le cadre de sa proposition, ce sont surtout les groupes à faibles revenus qui percevront des indemnités de chômage beaucoup plus élevées. Aujourd’hui, ces indemnités sont calculées en pourcentage du dernier salaire qu’une personne touchait avant son licenciement. Mais les bas salaires ont moins de charges salariales, ce qui implique que leurs bénéfices nets sont inférieurs. Peeters veut que seul un tiers du salaire actuel soit pris en compte. En outre, les prestations diminueraient plus rapidement après un an. Mais pas pour ceux qui suivent une formation au VDAB, les bénéfices seront gelés.

Avec la proposition, Peeters met ses cartes sur la table: une réforme qui vise principalement les bas revenus. En contradiction avec les exigences renouvelées d’Open Vld et de la N-VA. Les libéraux veulent simplement limiter le chômage au fil du temps. La N-VA veut que tous les chômeurs perçoivent une allocation minimale après deux ans. Pour l’instant, il ne s’agit nullement d’un problème. Mais le CD&V est déterminé à revendiquer les résultats du marché du travail (plus de 200 000 nouveaux emplois), et à s’en arroger les mérites.

La question est de savoir si le plan chômage est la meilleure solution : après tout, il s’agit d’un chantier qui a été laissé ouvert, même si Peeters avait promis de le résoudre. Mais sa réponse est prête : « Certains ne jurent déjà que pour la dégressivité, d’autres sont obsédés par l’arrêt des bénéfices au fil du temps. Cela détourne l’attention du véritable défi : comment activer les demandeurs d’emploi ? Je suis convaincu que cette proposition offre un modèle pour les décennies à venir. »

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