« Karoshi » : au Japon, des drones vont chasser de leurs bureaux les employés qui travaillent trop tard

Durant les 4 trimestres précédent mars 2017, 191 cas de « karoshi » ont à nouveau été recensés au Japon. « Karoshi », est le terme japonais pour désigner la mort subite de cadres ou d’employés de bureau par arrêt cardiaque suite à une charge de travail ou à un stress trop important.

Selon des chiffres du gouvernement japonais, dans près d’un quart des entreprises japonaises, les travailleurs prestent plus de 80 heures de travail supplémentaire par mois.

Dans une entreprise sur 10, il serait même question de 100 heures de travail supplémentaire. Au Japon, réaliser un nombre d’heures de travail important est considéré comme une preuve d’engagement et de fidélité envers l’entreprise.

« T-Frend »

L’entreprise de sécurité Tasei espère avoir trouvé le moyen de venir à bout de ce problème. En avril 2018, la société va lancer le « T-Frend ». Il s’agit d’un drone qui survolera les bureaux le soir en émettant le chant écossais « Auld Lang Syne ». Traditionnellement, cet air est utilisé au Japon pour annoncer la fermeture d’un magasin. 

Le « T-Frend » coûtera 375 euros. Il sera muni d’une petite caméra qui prend des photos et il accomplira un trajet prévu à l’avance. Les développeurs de T-Frend étudient également la possibilité d’utiliser la technologie de reconnaissance faciale afin de déterminer qui est au bureau après les heures d’ouverture ou pour savoir si un intrus est présent sur les lieux.

Jusqu’à présent, les entreprises japonaises faisaient appel à des agents de sécurité pour renvoyer les travailleurs trop zélés chez eux. Cependant, étant donné que le Japon est confronté à une pénurie importante de personnel, les agents en activité sont moins nombreux.

Harcèlement robotisé

Certains experts ont déjà critiqué ce projet. « Même si ce harcèlement robotisé oblige les travailleurs à quitter le bureau, ces derniers emmèneront le travail restant chez eux », a expliqué Scott North, professeur de sociologie à l’Université d’Osaka.

Selon North, les employeurs devraient plutôt investir dans des systèmes qui donneraient moins de travail aux employés. En outre, il faudrait mettre un terme aux compétitions qui dressent les services les uns contre les autres pour accomplir le plus de travail durant le plus petit laps de temps possible.

Le gouvernement japonais travaille à une nouvelle législation du travail qui interdirait désormais aux  employeurs de faire prester à un travailleur plus de 100 heures supplémentaires par mois.

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