Apprendre à savoir dire « non » comme Steve Jobs

Jonathan Ive, le designer légendaire d’Apple, qui a collaboré avec feu Steve Jobs, ex-CEO de l’entreprise,  jusqu’au décès de ce dernier, était l’invité d’un événement organisé par le magazine Vanity Fair en 2014. On lui a demandé quelles étaient les 3 plus grandes leçons qu’il avait tirées de cette collaboration.

« Cela semble vraiment simple, mais ce qui m’impressionne toujours, c’est  qu’il y ait si peu de gens qui pratiquent cela sérieusement, et c’est dur à pratiquer : c’est cette question de la  concentration. Steve était la personne la plus remarquablement concentrée  que j’aie jamais rencontrée. Et être concentré, ce n’est pas quelque chose qu’on décide en se levant le lundi, « Tiens, je vais être concentré ». C’est une exigence de chaque minute. « Pourquoi parlons-nous de ceci ? c’est sur ça que nous  travaillons ». Vous pouvez réaliser tellement de choses quand vous êtes réellement concentré. Et l’une des choses que Steve dirait (parce qu’il craignait que je ne le sois pas) c’est « à combien de choses avez-vous dit  non? » (…) Ce que la concentration signifie, c’est dire nonà une chose à laquelle vous croyez de toute votre âme, parce que vous pensez que c’est une idée phénoménale, et vous y songez le matin au réveil, mais vous lui dites non, parce que vous êtes concentré sur quelque chose d’autre ».

En 2008, dans une interview donnée au magazine Fortune, le fondateur d’Apple avait dit ce qui suit à ce sujet:

« Les gens pensent que la concentration signifie ‘dire oui’ à des questions importantes. Mais ce n’est pas ça. La concentration, c’est de dire « non » aux centaines de bonnes idées qui existent. Vous devez choisir avec soin. Je suis aussi fier des choses que nous n’avons pas faites que de celles que nous avons faites. »

Une critique impitoyable

Un portrait de Jonathan Ive  publié dans le New Yorker en 2015 rappelle que Steve Jobs était connu pour ses critiques impitoyables. Jonathan Ive y évoque  ce qui s’était produit quand il avait protesté après avoir vu certains de ses collègues démolis par la critique de Jobs.Jobs lui avait répondu qu’il ne souhaitait pas rester dans le vague. Maintenir l’ambiguïté serait une forme d’égoïsme, avait expliqué le patron d’Apple. « Vous ne vous souciez guère de la manière dont ils se sentent. Vous êtes vain, vous voulez qu’ils vous aiment », avait-il ajouté.

Un feedback clair

Ive admet qu’il avait été indigné de prime abord, mais qu’il avait appris au fil du temps à partager ce point de vue.

« Il est vraiment humiliant de penser que, du fait de ce désir profond d’être aimé, vous avez compromis la transmission d’un retour clair et sans ambiguïté ».

Steve Jobs est ainsi allé très loin, trop, peut-être parfois. Ce qui lui a aussi valu la réputation d’être brutal, mais en même temps, d’être un dirigeant terriblement efficace. Une telle brutalité n’était certainement pas agréable pour ses employés, mais Jobs avait peut-être aussi compris qu’il pourrait être encore pire de travailler pour un responsable qui veut juste être aimé.

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