Science

Johnson & Johnson aurait-il un vaccin contre le sida ?

La société pharmaceutique américaine Johnson & Johnson (J & J) a annoncé qu’elle allait lancer les essais cliniques d’un nouveau vaccin contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en Europe et aux Etats-Unis dans le courant de cette année. 

3 800 hommes des deux continents ayant des rapports homosexuels recevront six doses du vaccin. Celui-ci consiste en un cocktail préventif ciblant plusieurs souches du virus HIV.

Actuellement, aucun médicament ne peut guérir la maladie

Le virus HIV s’attaque au système immunitaire des personnes infectées et les vulnérabilise ainsi à toutes sortes de pathologies. Lorsqu’il n’est pas soigné, le porteur fini par développer un syndrome d’immuno-déficience acquise (sida). A ce stade, le patient ne peut plus se défendre contre les maladies, il s’affaiblit dangereusement et en moyenne, son espérance de vie ne dépasse pas 3 ans. Chaque année, le SIDA tue près d’un million de personnes à travers le monde. 

Pire, au fil des contaminations, le virus mute rapidement, et ses caractéristiques changent. Cela implique qu’il est très difficile de développer un traitement pérenne. Selon les estimations, 1,1 million de personnes aux Etats-Unis, et 2 autres millions en Europe, sont porteuses du HIV.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement capable de guérir une infection par le VIH. Actuellement, les patients sont soignés avec un cocktail de médicaments qui parvient à bloquer la propagation de la maladie, mais ne supprime pas la présence du virus dans leurs organismes.

Un enjeu pour les pays pauvres d’Afrique

GlaxoSmithKline, Gilead Sciences, Pfizer. et d’autres firmes pharmaceutiques ont mis au point des douzaines de médicaments qui peuvent réduire les concentrations du virus au point où il n’est plus contagieux. Certaines personnes à haut risque prennent des doses quotidiennes pour se protéger contre l’infection. Mais cela n’est pas envisageable dans de nombreux pays africains à faible revenu. Dans ces pays, les vaccins apporteraient une solution bien plus économique.

Johnson & Johnson espère pouvoir présenter les résultats de ses tests dans 5 ans. En outre, la société a débuté en 2017 une autre série d’essais cliniques avec une autre version de ce vaccin en Afrique. Près de 2 600 femmes de cinq pays  d’Afrique australe ont déjà été vaccinées dans le cadre de cette expérience, appelée Imbokodo. « Ainsi, on a une étude chez des femmes à risque et une autre sur le point de commencer chez les hommes. On pourra ainsi regrouper les essais en une seule soumission globale pour les régulateurs, » explique Mitchell Warren, qui dirige l’AVAC, une organisation de prévention contre le VIH.

Pour le moment, le virus a assuré une protection aux deux tiers des animaux auxquels il a été administré, et n’a pas semblé présenter de danger pour les humains.

L’Organisation Mondiale pour la Santé s’est fixé pour objectif de diviser par deux le nombre de décès liés au VIH d’ici l’année prochaine, et d’éradiquer totalement la maladie d’ici 2030. Mais jusqu’à présent, les mutations rapides du virus ont contrecarré ses efforts en la matière.

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