‘Je suis arrivé à la conclusion que Tony Blair est devenu fou et qu’il a sûrement besoin de l’aide d’un psychiatre’


« Je suis arrivé à la conclusion que Tony Blair est finalement devenu fou. Il a écrit un essai sur son site dimanche qui m’a frappé par son côté décalé dans son refus de la vérité. Alors qu’il évoquait le désastre qui se produit actuellement dans l’Irak moderne, il a émis des affirmations qui s’écartent de la réalité de façon tellement stupéfiante et perturbante qu’il a sûrement besoin de l’aide d’un psychiatre »,
écrit Boris Johnson, le maire de Londres, dans un article d’opinion dans le Daily Telegraph. Johnson, qui a voté en 2003 au Parlement britannique en faveur de l’invasion de l’Irak, rappelle que Blair a estimé que cette invasion n’était aucunement responsable de la récente prise de contrôle de plusieurs régions du pays par les insurgés islamistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, une ramification d’Al-Qaïda). Les insurgés ont institué une forme médiévale de la Charia, et ils torturent ou décapitent les femmes, les Chiites, et quiconque est en désaccord avec leurs projets, affirme Johnson.  
Selon Blair, même si Saddam Hussein n’avait pas été renversé en 2003, il y aurait eu des « problèmes majeurs », et l’ex-Premier britannique nie que l’invasion de l’Irak pourrait être la cause principale du drame qui se déroule aujourd’hui. Il se justifie en expliquant qu’un cocktail de causes, dont un abus de la religion, une gouvernance médiocre, des institutions faibles, une loi oppressive et une incapacité à établir une relation équilibrée entre l’Islam et le gouvernement, ont produit au Moyen-Orient des pays non préparés pour le monde moderne, et un terreau propice qui aurait de toute façon « dans tous les cas, je le répète, dans tous les cas, mené à une révolution ».
« Même si l’on avait laissé Saddam en place en 2003, lorsque le 11/9 se serait produit, on aurait eu toutes ces révolutions arabes se serait produites en Tunisie, en Libye, au Yémen, au Bahreïn, en Egypte, et en Syrie, et nous aurions toujours un problème majeur en Irak. Et vous pouvez voir ce qui se passe quand on laisse les dictateurs en place, comme c’est le cas actuellement avec Assad [en Syrie], les problèmes ne disparaissent pas », a déclaré Blair.
Il [Blair] nous dit que Saddam Hussein aurait été inévitablement renversé par une révolution, et qu’il s’en serait ensuivi une guerre civile tragique et épouvantable, et que de ce fait, nous ne devons pas (en particulier lui) nous reprocher notre rôle dans cette catastrophe. Une telle tentative de réécrire l’histoire donne envie de vomir », écrit Johnson.
« La réalité, c’est qu’avant l’invasion américaine de l’Irak en 2003, Al-Qaïda n’était pas présent dans ce pays, pas du tout. Saddam était un tyran brutal du parti Baas qui traitait son peuple avec une brutalité effroyable. Mais il n’avait rien à voir avec les attaques du 11/9, ni ne possédait des armes de destruction massive », écrit Johnson.« La vérité, c’est que nous avons détruit les institutions existantes en Irak sans avoir aucune idée, ne serait-ce que ténue, de ce qui s’ensuivrait. Comme un général britannique me l’a dit un jour, nous avons coupé la moelle épinière du pays sans avoir aucun plan pour la remplacer. 

Il y a maintenant plus de 100 000 Irakiens morts qui seraient encore vivants aujourd’hui si nous n’étions pas allés là-bas et n’avions pas créé les conditions pour un tel conflit, sans parler des soldats des Etats-Unis,  du Royaume Uni et d’autres pays qui ont perdu leur vie dans cette pagaille.

C’est la vérité, et il est temps que Blair l’accepte », poursuit Johnson.
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