L’Iran interdit l’enseignement de l’anglais à l’école primaire

En Iran, l’enseignement de l’anglais dans les écoles primaires est désormais interdit. C’est ce qu’a indiqué Mehdi Navid-Adham, président du haut conseil de l’éducation, à la télévision d’État iranienne samedi. « Cela s’explique parce que l’on prend pour hypothèse que les fondements de la culture iranienne des écoliers sont acquis lors de l’éducation primaire », a-t-il expliqué. Il a précisé que cette interdiction portait non seulement sur les cursus scolaires classiques, mais aussi sur les autres cours d’anglais dispensés dans d’autres structures.En Iran, les enfants commencent en général l’apprentissage de l’anglais à partir de l’âge de 12 ans. Mais dans certaines écoles primaires, on propose l’enseignement de la langue de Shakespeare. Certains enfants de familles favorisées suivent aussi des cours particuliers après leur journée d’école.

Une « invasion culturelle »

Les dirigeants de la république islamique ont souvent invoqué les dangers d’une « invasion culturelle » occidentale, considérant qu’un apprentissage précoce de l’anglais pouvait favoriser cet avatar. En particulier, elle avait été particulièrement critiquée dans un discours donné en 2016 devant des professeurs par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, repris sur son site officiel Leader.ir :

« Malheureusement, il y a des fois où au lieu de propager le persan, c’est l’anglais qui est propagé ; on est allé si loin que l’apprentissage de l’anglais est arrivé même aux crèches. (…) « Les penseurs occidentaux ont dit à maintes reprises qu’au lieu des conquêtes colonialistes du XIXe  siècle, la meilleure méthode qui est également la plus lucrative consiste à l’injection de leur pensée et de leur culture à la jeune génération des pays et de former des élites et des experts qui agiront comme les soldats de l’hégémonie. »

Pas de lien apparent avec les soulèvements actuels

Rien n’indique que cette décision soit liée aux émeutes actuelles contre le gouvernement qui ont actuellement lieu en Iran, mais les gardes de la révolution iranienne ont affirmé que ces soulèvements avaient été fomentés par des puissances étrangères.Selon les officiels iraniens, 21 personnes ont été tuées, et plus d’un millier ont été arrêté au cours de ces soulèvements qui se sont produits dans plus de 80 villes.

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