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Un patrimoine musical inestimable discrètement parti en fumée dans les studios d’Universal en 2008

On ne le savait pas, mais l’année 2008 a été marquée par une perte énorme pour le monde de la musique. Cette année-là, environ 500 000 enregistrements musicaux d’artistes légendaires du 20ème siècle ont été carbonisés lors d’un incendie aux studios Universal à Los Angeles.

Le journaliste Jody Rosen révèle dans le New York Times Magazine ce mois-ci ce qu’il qualifie de « plus grand désastre de l’histoire de l’industrie musicale », désastre sur lequel Universal Music Group a gardé le secret ces onze dernières années.

Louis Armstrong, Aretha Franklin, Eric Clapton ou Nirvana

Tout commence le 1er juin 2008… un incendie se déclare à Universal Studios Hollywood à Los Angeles (Californie). Les flammes se propagent rapidement et atteignent la « Banque de vidéos », un entrepôt de plus de 2000 m2 où étaient conservés des archives vidéo ainsi que des enregistrements audio provenant des nombreux labels appartenant à UMG. Toute la journée, les pompiers se sont battus pour contenir les flammes mais, constatant que ni l’eau ni la mousse extinctrice ne fonctionnaient, ils ont décidé de raser l’entrepôt.

À l’époque, l’incendie avait été médiatisé, mais il n’était fait mention nulle part de la librairie d’enregistrements sonores.

Pourtant, c’est un véritable trésor qui est parti en fumée, avec des archives détruites d’artistes tels que Louis Armstrong, Duke Ellington, Billie Holiday, Aretha Franklin, Judy Garland, Ray Charles, Etta James, Neil Diamond, Loretta Lynn, Eric Clapton, Yoko Ono, Elton John, Janet Jackson, Iggy Pop, Nirvana, No Doubt, Tupac Shakur, Snoop Dogg, Eminem et bien d’autres… Les milliers d’enregistrements sonores de la bibliothèque avaient été faits sur plusieurs dizaines d’années et remontaient jusqu’aux années 1940. En 2009, Universal Music faisait état, en interne, d’au moins 500 000 titres perdus.

Des enregistrements originaux

Ces enregistrements avaient une très grande valeur car beaucoup d’entre eux étaient des « masters ». Un master est l’enregistrement audio original d’une chanson. Il est bien sûr possible d’écouter une chanson sans avoir son master, mais le son que l’on entend est une copie de fidélité inférieure. Le master est irremplaçable et unique, car il contient la version d’origine d’un titre, celle qui est la plus fidèle à l’enregistrement initial. Comme l’explique le journaliste, « le master contient les détails de l’enregistrement dans leur forme la plus pure : le grain de la voix d’un chanteur, les timbres des instruments, l’ambiance du studio ». Et ce jour de juin 2008, non seulement des milliers de masters de chansons connues ont été perdus, mais également toutes les chansons qui n’avaient jamais été rendues publiques.

Dans un document interne de la compagnie cité par Jody Rosen, UMG reconnaît qu’« il ne fait aucun doute qu’une immense partie de notre patrimoine musical a été perdu dans les flammes ». Mais officiellement, le géant de l’industrie du divertissement continuait de minimiser les dégâts.

Même maintenant, UMG conteste la version des faits présentée dans le New York Times Magazinedéclarant dans un communiqué que le rapport contenait « de nombreuses inexactitudes, des déclarations trompeuses, des contradictions et des malentendus fondamentaux quant à l’ampleur de l’incident et aux actifs concernés ».

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