Economie

Il n’y a jamais eu autant d’enfants sans-abri en Angleterre depuis la crise financière de 2007

Le nombre d’enfantssans-abri en Angleterre a atteint des niveaux jamais observés depuisla crise financière mondiale de 2007, écrit Annabelle Timsit,rédactrice en chef du magazine Quartz. Selon les experts, les effetsse feront ressentir pendant des décennies.  

Au cours du premiertrimestre de cette année, plus de 123.000 enfants vivaient dans deslogements temporaires au Royaume-Uni, contre 120.540 durant lepremier trimestre 2017. Il s’agit d’une hausse de plus de 2% parrapport à l’année dernière. Les activistes attribuent la hausseglobale de l’itinérance de l’enfance aux coupes dans le système de bien-être dugouvernement et au manque de logements abordables.

Autorités locales

En Angleterre, lesautorités locales sont responsables du placement des famillessans-abri en attente d’un permis de logement permanent. « Bien que lelogement temporaire soit meilleur qu’une nuit dans la rue, il estloin d’être idéal pour qu’un enfant grandisse », expliqueAnnabelle Timsit. « Un rapport del’Institut de recherche sur les politiques publiques montre que denombreuses personnes placées dans des logements temporaires viventdans des conditions matérielles épouvantables, souvent associées àdes abus de gestion, des vols, des fraudes et des conditions socialesimpropres à la vie. »

Les soins et lesoutien pendant les premières années font que les enfants sont plussusceptibles de grandir heureux, en bonne santé tout en étantproductifs, explique Timsit. « Mais le contraire estégalement vrai. Des expériences telles que le sans-abrisme et la viedans un logement temporaire nuisent activement au développement et àla santé mentale des enfants. » Selon une étude menée en2006 par l’ONG britannique Shelter, les enfants vivant dans deslogements temporaires, surpeuplés ou pauvres sont deux fois plussusceptibles de ne pas aller à l’école. Seul un cinquième desenfants vivant dans des logements insalubres ont l’intentiond’étudier à temps plein après l’âge de 16 ans, contre environ unquart de ceux vivant dans de meilleures conditions.

Violence

Selon Shelter, 42% desparents ayant un logement temporaire ont déclaré que leurs enfants étaient souvent malheureux ou déprimés. 30% ont également admisque leur enfant avait du mal à se faire ou à garder des amis,tandis que plus de 60% ont indiqué que leurs enfants étaientconfrontés à des problèmes à l’école. Les enfants d’un logementtemporaire sont absent en moyenne cinquante-cinq jours de l’école,soit un quart de l’année scolaire. En outre, les familles sans abrisont souvent confrontées à des défis supplémentaires, tels que lemanque d’accès aux soins médicaux et à une alimentation nutritive.

« Les enfants sansdomicile présentent plus de problèmes de santé et souffrent d’unnombre important de maladies chroniques », prévient AnnabelleTimsit. « Une mauvaise nutrition peut entraîner une carence enfer et mener à l’obésité. L’itinérance active les systèmes deréponse au stress dans le corps et le cerveau, ce qui peut entraînerun stress toxique au fil du temps. Le stresstoxique a des effets néfastes sur l’apprentissage, le comportement etla santé. Cela est particulièrement vrai lorsque les enfants ontaucune relation tampon avec les parents ou d’autres membres de lafamille pour les protéger. »

« Plus de la moitiédes ménages dans des logements temporaires sont gérés par un seulparent », explique Quartz.  » Dans la société britannique engénéral, un peu moins d’un quart des familles sont dirigées par unparent seul. Dans de nombreux cas, l’itinérance est causée par undivorce avec un partenaire violent. »

« Parce que la pauvretéest souvent cyclique, un nombre significatif d’une générationentière d’enfants en Angleterre risquent de prendre du retard et dene jamais se rétablir. La Première ministre britannique Theresa Maya qualifié cette année le problème de honte nationale. »

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