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Gwyneth Paltrow, une femme d’affaires qui surfe sur le bien-être

Beaucoup d’entre nous connaissent l’actrice Gwyneth Paltrow, mais savez-vous qu’elle est aussi une femme d’affaires à la tête d’une firme dédiée au bien-être et au style de vie qui a débuté par un blog ? Goop Inc. s’est discrètement imposée comme le fer de lance d’une industrie du bien-être qui pèse désormais plusieurs milliers de milliards de dollars.

Selon le Global Wellness Institute, le marché du bien-être a connu une croissance annuelle de 13 % entre 2015 et 2017, et il était évalué àn 4200 milliards de dollars il y a deux ans. Le segment le plus lucratif de ce marché, celui des soins à la personne, de la beauté et des soins anti-âge, pèse à lui seul 1000 milliards de dollars. Il est suivi de celui de la nutrition santé et de la perte de poids, qui se monte à 702 milliards de dollars.

Goop, créé en 2008, a largement contribué à cette tendance

Or, l’actrice américaine Gwyneth Paltrow aurait largement contribué à cette tendance, avec le site internet consacré au bien-être qu’elle a lancé en 2008, Goop. Initialement, il ne s’agissait que de donner quelques conseils de cuisine, et de recommander l’utilisation de certains produits. Mais Goop est devenue une référence pour le lectorat de Paltrow, composé principalement de femmes à la recherche d’alernatives à la médecine traditionnelle.

Le site lui-même a beaucoup évolué. Les articles de conseils sur le bien-être ont été complétés par une véritable palteforme de vente en ligne. On peut y trouver toutes sortes d’articles : des compléments alimentaires de la marque Goop, bien sûr, mais aussi des sacs à main Chanel, des sofas, et des vêtements griffés « G. Label », la marque de Paltrow.

Goop organise aussi des événements, comme la conférence « In Goop Health », dont la seconde édition a été organisée ce mois-ci à New York, et qui est également déclinée à Los Angeles et Londres. Le ticket d’entrée y est facturé de 1000 à 4500 dollars. Les participants y découvriront des produits de la plateforme, comme le « répulsif anti-vampire paranormal » ou le « sac de médicaments Goop » garni de pierres semi-précieuses, à 85 dollars.

Une valorisation supérieure à 250 millions de dollars

La plateforme assure 70 % des recettes de l’entreprise, qui connaissent une croissance annuelle de 50 %. Les revenus tirés des produits et événements liés au bien-être ont presque triplé au cours des deux dernières années. « Nous faisons du marketing auprès d’un consommateur très actif parce qu’il est acheteur », a expliqué Kimberly Kreuzberger, directrice des ventes, lors d’une interview donnée à Bloomberg.

Les investisseurs ont senti eux aussi le bon filon, et Paltrow est déjà parvenue à lever 82 millions de dollars de capital-risque. Selon PitchBook Data, une société d’études de marché, la valorisation de Goop dépasserait les 250 millions de dollars.

Des critiques du corps médical et des réglements contentieux

Néanmoins, beaucoup accusent Paltrow, qui a été sacrée « plus belle femme du monde » par le magazine People en 2013, de profiter de sa notoriété et de son aura pour se remplir les poches.

Goop suscite aussi les critiques de nombreux professionnels de santé, qui mettent en garde contre les conseils contestables, parfois dangereux, qui y sont parfois prodigués. L’année dernière, la firme a dû payer 145 000 dollars sur différents contentieux portant sur des allégations mensongères, telles qu’un œuf de jade vendu 66 dollars censé favoriser l’énergie sexuelle et le rééquilibrage hormonal ou son « mélange de fleurs juge intérieur », promettant de prévenir la dépression.

Depuis, la société planche sur un « Portail Réglementaire Science & Bien-être ». Pour ce faire, elle a monté une équipe incluant un acupuncteur, un biochimiste nutritionniste et un docteur spécialiste en médecine chinoise. Celle-ci devrait apporter des assurances en matière de qualité, de sécurité et d’efficacité pour chaque produit proposé sur la plateforme.

Les femmes, négligées par la médecine traditionnelle

Paltrow a déclaré à maintes reprises que sa plateforme n’était pas un prescripteur, mais qu’elle servait plutôt d’espace pour discuter d’alternatives holistiques intéressantes pour les femmes.

Les femmes sont en effet négligées par la médecine traditionnelle, par rapport aux hommes. Une étude de l’Université du Maryland montre que les médecins leur prescrivent moins d’anti-douleurs, alors qu’elles rapportent des souffrances très supérieures à celles des hommes. D’autres études ont prouvé que les médecins avaient aussi plus de difficultés à établir un diagnostic correct avec les femmes, et qu’ils étaient plus susceptibles de douter de leur parole lorsqu’elles décrivaient leurs symptômes.

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