Les « groupes de pensée élitistes » nous ont englués dans des crises successives depuis 2000

Hillary Clinton se présente comme «le choix le plus sûr » dans la campagne présidentielle. Son principal argument est que les électeurs préfèrent une meilleure compétence plutôt qu’une témérité prétentieuse. Cette stratégie semblait fonctionner, en raison des gaffes commises par le candidat républicain Donald Trump, jusqu’à ce que le FBI annonce vendredi la réouverture de l’enquête portant sur l’utilisation de sa messagerie privée de la candidate démocrate, alors que celle-ci était Secrétaire d’Etat du pays. Mais une présidence d’Hillary Clinton constitue aussi une réelle menace, écrit Ross Douthat dans le New York Times , en raison de ce qu’il qualifie de «dangers des groupes de pensée élitistes ».Douthat énumère ensuite les crises qui ont secoué le monde depuis 2000 et arrive à la conclusion que presque chaque crise est apparue parce que «les experts gouvernementaux étaient aveugles à leurs propres défauts» :« La guerre en Irak, dont les démocrates préfèrent se souvenir comme d’un conflit ourdi par une cabale néo-conservatrice, était en fait l’œuvre d’un consensus interventionniste bipartisan, prôné par George W. Bush, mais auquel une large tranche de l’opinion de centre-gauche, incluant Tony Blair, et plus de la moitié des sénateurs démocrates, adhérait.De même pour la crise financière : que vous condamniez la dérégulation des services financiers ou la politique du logement au petit bonheur la chance (ou les deux), les politiques qui ont contribué à faire gonfler puis à faire éclater la bulle étaient celles qui étaient prônées par les deux ailes de l’establishment politique.

L’Europe n’a pas fait beaucoup mieux

De même avec l’euro, la monnaie européenne, une idée épouvantable à laquelle seuls les excentriques et les « petits Anglais » ont osé s’opposer, jusqu’à ce que la Grande-Récession la révèle comme une folie qui pourrait possiblement couler l’économie.De même avec le grand geste téméraire d’ouverture des frontières d’Angela Merkel de  l’année dernière : elle est devenue l’héroïne d’un millier de portraits, même si elle a livré son continent à la polarisation et à la violence.

Ce résultat de la folie des élites, qui n’inclut même pas des affaires moins dignes de devenir des cas d’école, comme notre splendide petite guerre en Libye, explique pour une grande partie pourquoi les Etats-Unis ont un candidat « déjanté » à cette élection, et pourquoi tant de partis « trumpiens » prospèrent sur le sol européen. (…)En fait, ce qui est distinctif d’Hillary Clinton, bien plus que Bush ou Obama, c’est le nombre si faible d’exemples où elle a été en rupture avec le consensus de l’élite  en matière d’affaires d’Etat. (…)Elle semble, comme ses audiences de Goldman Sachs, avoir l’intention de naviguer sereinement au dessus de la tempête de nationalisme plutôt que de remettre en cause les hypothèses prises par la classe qu’elle représente. (…)Mais pour ces cas où la position cosmopolite n’est pas nécessairement raisonnable ou sûre, pour ces moment où l’élite occidentale peut devenir à moitié folle sans s’en rendre compte, Hillary Clinton montre tous les signes d’une personne prête à suivre les traces de ses pairs dans la folie ».

Show More

Express devient Business AM

Close
Close